Frise chronologique
Milieu du XVIe siècle
Acquisition du fief
Acquisition du fief
Milieu du XVIe siècle (≈ 1650)
Famille Viole devient propriétaire de Guermantes.
1698
Achat par Paulin Pondre
Achat par Paulin Pondre
1698 (≈ 1698)
Début des travaux avec Hardouin-Mansart et Le Nôtre.
1756
Incendie de la bibliothèque
Incendie de la bibliothèque
1756 (≈ 1756)
Destruction par la foudre.
1917
Vente du mobilier
Vente du mobilier
1917 (≈ 1917)
Dispersion des tapisseries aux enchères.
9 août 1944
Premier classement MH
Premier classement MH
9 août 1944 (≈ 1944)
Protection des façades et décors intérieurs.
2008
Transformation en centre de séminaires
Transformation en centre de séminaires
2008 (≈ 2008)
Rachat par Châteauform, fermeture au public.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures de tous les bâtiments ; décoration de l'escalier, de la chapelle et des pièces suivantes : chambre dite aux peintures, chambre à l'italienne, salon du roi, grande galerie ; parc : classement par arrêté du 9 août 1944 ; Allée d'accès au château (également sur commune de Gouvernes) (cad. B 269, 872) : classement par arrêté du 21 décembre 1970
Personnages clés
| Paulin Pondre (1650-1723) - Grand Audiencier de France |
Commanditaire des travaux avec Hardouin-Mansart et Le Nôtre. |
| Jules Hardouin-Mansart - Architecte |
Conçoit les perrons du château. |
| André Le Nôtre - Jardinier-paysagiste |
Aménage les jardins et le miroir d'eau. |
| Maurice Hottinguer (1872-1969) - Banquier et mécène |
Sauve et restaure le château en 1920. |
| Blanche Hottinguer (morte en 1951) - Membre de la famille Hottinguer |
Empêche sa destruction en 1944. |
| Marcel Proust - Écrivain |
S'inspire du nom pour *À la recherche du temps perdu*. |
Origine et histoire
Le château de Guermantes, situé en Seine-et-Marne, est construit au XVIIe siècle par Pierre Viole, dont la famille possède le fief depuis le XVIe siècle. En 1698, Paulin Pondre, Grand Audiencier de France et puissant financier sous Louis XIV, acquiert le domaine et y engage d'importants travaux. Il fait appel à Jules Hardouin-Mansart pour les perrons et à André Le Nôtre pour aménager les jardins, incluant un grand miroir d'eau. La galerie d'apparat de 31 mètres, décorée de lambris et de toiles peintes, s'inspire de la galerie des Glaces de Versailles. Pondre organise des fêtes mémorables dans ce cadre fastueux, reflétant son statut social élevé.
En 1756, un incendie détruit la bibliothèque du château. Au XIXe siècle, l'architecte Vaudoyer dessine des volières pour les propriétaires. Émilie Ernestine Pondre de Guermantes, comtesse Picot de Dampierre, y vit jusqu'en 1884, connue pour son esprit caustique. Le château abrite alors une rare suite de tapisseries du XVIIe siècle, tissées pour François Petit, intendant des Finances, et transmises par héritage. Ces œuvres, dont une représentant Renaud dans les bras d'Armide, sont vendues aux enchères en 1917 et dispersées, certaines traversant l'Atlantique pour des expositions.
En 1920, le domaine est sauvé de la destruction par Maurice Hottinguer, banquier d'une famille zurichoise établie en France avant 1789. Il le restaure et le transmet à son fils Pierre en 1942. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château échappe à la démolition grâce à l'intervention de Blanche Hottinguer, malgré des représailles allemandes. Revendu en 2008, il est aujourd'hui transformé en centre de séminaires sous le nom Châteauform, et n'est plus ouvert au public. Son décor intérieur des XVIIe et XVIIIe siècles, bien que partiellement conservé, témoigne encore de son passé prestigieux.
Classé Monument Historique en 1944 et 1970, le château inspire Marcel Proust pour nommer des personnages et un tome d'À la recherche du temps perdu, bien qu'il n'y fasse jamais référence directement. Son parc, ses façades, et des pièces comme la chapelle ou la galerie sont protégés, mais son mobilier historique a disparu après les ventes successives. Le site reste un exemple remarquable de l'architecture et des jardins baroques en Île-de-France, lié à l'histoire financière et aristocratique de la région.