Frise chronologique
Xᵉ siècle (vers 951–1056)
Construction du donjon
Construction du donjon
Xᵉ siècle (vers 951–1056) (≈ 1004)
Donjon roman de 24 m, murs de 5,75 m d’épaisseur.
1177
Siège et destruction partielle
Siège et destruction partielle
1177 (≈ 1177)
Pris par les comtes de Flandre et Hainaut.
1186
Reconstruction par Philippe Auguste
Reconstruction par Philippe Auguste
1186 (≈ 1186)
Deviens forteresse royale après la paix de 1185.
1425
Restauration financée par Jean de Luxembourg
Restauration financée par Jean de Luxembourg
1425 (≈ 1425)
Rançon de Jeanne d’Arc utilisée pour les travaux.
1538
Transformation en citadelle bastionnée
Transformation en citadelle bastionnée
1538 (≈ 1538)
Travaux de Jean de Renaud et Bellarmato.
1673
Intervention de Vauban
Intervention de Vauban
1673 (≈ 1673)
Rectifications et mouvements de terre aux dehors.
1918
Destruction partielle pendant la Grande Guerre
Destruction partielle pendant la Grande Guerre
1918 (≈ 1918)
Ne restent que donjon et enceintes.
1952
Sauvetage par le club du Vieux Manoir
Sauvetage par le club du Vieux Manoir
1952 (≈ 1952)
Début des chantiers de restauration.
1965
Cession à la ville de Guise
Cession à la ville de Guise
1965 (≈ 1965)
Gestion confié au Vieux Manoir.
2008
Classement complet des vestiges
Classement complet des vestiges
2008 (≈ 2008)
Inclut enceintes, bastions et sols archéologiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Classé MH
Personnages clés
| Philippe Auguste - Roi de France |
Reconstruit le château en 1186. |
| Jean de Luxembourg - Seigneur de Guise (1425) |
Finance la restauration avec la rançon de Jeanne d’Arc. |
| Jean de Renaud (dit Saint-Remy) - Commissaire aux fortifications |
Transforme le château en citadelle bastionnée (1538). |
| Vauban - Ingénieur militaire |
Affine les fortifications au XVIIᵉ siècle. |
| François de Lorraine (duc de Guise) - Chef militaire et noble |
Sauve les armées d’Henri II en 1557. |
| André Malraux - Ministre de la Culture |
Récompense la restauration en 1963. |
Origine et histoire
Le château fort de Guise, attesté dès le Xe siècle sur un éperon rocheux dominant l’Oise, incarne l’évolution de l’architecture militaire sur un millénaire. D’abord possession d’une famille vassale des comtes de Vermandois (citée en 945), son donjon roman (55 m de circonférence, murs de 5,75 m d’épaisseur) est construit entre 951 et 1056. Au XIIe siècle, il passe par mariage à la famille d’Avesnes, puis devient forteresse royale après sa destruction en 1177 par les comtes de Flandre et de Hainaut. Philippe Auguste le reconstruit en 1186, marquant son rôle stratégique dans les conflits féodaux et la guerre de Cent Ans.
Au XVIe siècle, sous Claude de Lorraine puis François de Guise, le château est transformé en citadelle bastionnée par Jean de Renaud et l’ingénieur italien Bellarmato (1538). Quatre bastions (Alouette, Charbonnière, Moineau, Haute-Ville) et une galerie de contremines en font une place forte moderne. Vauban y apporte des ajustements au XVIIe siècle, malgré un déclin stratégique. Le site, théâtres de sièges répétés (1594 par Henri IV, 1635 pendant la guerre de Trente Ans), résiste aussi aux offensives allemandes en 1914-1918, avant d’être partiellement détruit par l’artillerie française en 1918.
Sauvé in extremis de la démolition en 1952 par le club du Vieux Manoir, le château est classé monument historique (donjon en 1924, ensemble en 2008). Les fouilles ont révélé les vestiges de la collégiale Saint-Gervais (XVIe siècle, 300 places), d’un palais seigneurial médiéval, et d’un arsenal de huit étages. Aujourd’hui propriété de la ville de Guise, le site est restauré par des chantiers de jeunes et ouvert au public, illustrant à la fois l’histoire militaire française et les techniques de fortification du Xe au XVIIe siècle.
Parmi les épisodes marquants, le château abrite en 1425 Jean de Luxembourg, qui finance sa restauration avec la rançon de Jeanne d’Arc. En 1689, une protestante, Dame Du Fay de La Taillée, y est emprisonnée pour sa foi avant son expulsion en 1697. Les vestiges actuels — donjon, enceintes bastionnées, soubassements de l’église et casemates — offrent un panorama complet des adaptations défensives, des pont-levis médiévaux aux contre-mines de la Renaissance.
La Première Guerre mondiale laisse des cicatrices profondes : en 1914, la forteresse bloque temporairement l’avancée allemande, mais les combats de 1918 réduisent le château à son donjon et ses remparts. Transformé en carrière dans les années 1920, puis menacé de destruction en 1953, le site doit sa survie à l’action d’André Malraux, qui récompense en 1963 les efforts du Vieux Manoir. Depuis 1965, la municipalité et l’association perpétuent sa restauration, tout en organisant des événements comme des visites en LSF (2011).