Frise chronologique
1344
Hommage féodal
Hommage féodal
1344 (≈ 1344)
Pelegrine de Ferrabouc rend hommage au comte d’Armagnac
XIIIe siècle
Construction du château
Construction du château
XIIIe siècle (≈ 1350)
Édification initiale par la famille Herrebouc
1392
Mariage de Mondine de Herrebouc
Mariage de Mondine de Herrebouc
1392 (≈ 1392)
Transmission à la famille de Castelbajac
début XVIIe siècle
Transformations majeures
Transformations majeures
début XVIIe siècle (≈ 1704)
Campagne de travaux par les Verduzan (fenêtres, escalier).
1780
Acquisition par les Cours
Acquisition par les Cours
1780 (≈ 1780)
Passage aux barons du Vignau
XVIIe–XVIIIe siècles
Modernisation par les Verduzan
Modernisation par les Verduzan
XVIIe–XVIIIe siècles (≈ 1850)
Fenêtres, escalier, décors peints ajoutés
1926
Classement monument historique
Classement monument historique
1926 (≈ 1926)
Protection du château
2002
Classement des communs et moulin
Classement des communs et moulin
2002 (≈ 2002)
Extension de la protection
2008
Classement des tables d’autel
Classement des tables d’autel
2008 (≈ 2008)
Objets mobiliers protégés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château : inscription par arrêté du 16 février 1926 - Les communs et le moulin du château, en totalité (cad. A 8, 9) : inscription par arrêté du 5 juin 2002
Personnages clés
| Pelegrine de Ferrabouc - Dame du château (1344) |
Rend hommage au comte d’Armagnac |
| Mondine de Herrebouc - Héritière (1392) |
Épouse Bernard VI de Castelbajac |
| Hugues de Verduzan - Guerrier (XVe siècle) |
Compagnon de Jeanne d’Arc |
| Joseph Anne Roger de Miran - Propriétaire (XVIIe–XVIIIe) |
Modernise le château |
| Antoine Hector de Cours - Baron du Vignau (1780) |
Acquiert le domaine avant la Révolution |
| Philippe Lauzun - Historien local |
Auteur d’une étude sur le château (1911). |
Origine et histoire
Le château de Herrebouc, situé à Saint-Jean-Poutge dans le Gers, trouve ses origines au XIIIe siècle comme forteresse médiévale. Contrairement aux châteaux gascons classiques construits en hauteur, il fut édifié dans un vallon près de la Baïse, à proximité immédiate d’un moulin qu’il devait protéger. Ses caractéristiques défensives — murs épais de 1,60 m, mâchicoulis opérationnels et bretèche — en font un exemple hybride entre salle fortifiée et château, parfois confondu avec un moulin en raison de sa localisation et de son architecture compacte.
La famille de Herrebouc, implantée en Gascogne, fit construire le château et le moulin adjacent, dont le nom connaît plusieurs variantes (Herreboc, Ferrebouc). Le site, proche d’un gué antique sur la Baïse, aurait pu correspondre à la station Vanesia de la table de Peutinger avant que des fouilles ne révèlent sa localisation exacte à la Molère. Stratégiquement placé sur une route entre Auch et Éauze, le château jouait un rôle clé au-delà de la protection du moulin, bien que ses dimensions restent modestes.
Au XIIIe siècle, Pelegrine de Ferrabouc, veuve de Géraud de Mimo, rend hommage en 1344 au comte d’Armagnac pour le « Ferrabouc supérieur », peut-être un village voisin. Le château reste aux mains de la famille de Herrebouc jusqu’en 1392, date du mariage de Mondine de Herrebouc avec Bernard VI de Castelbajac. Les propriétaires suivants, comme les Verduzan (XVIIe–XVIIIe siècles), transforment le château : percement de fenêtres à meneaux, ajout d’un escalier intérieur, et décoration de peintures murales dont subsistent des vestiges. Hugues de Verduzan, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, illustre le prestige militaire de cette lignée.
En 1780, le domaine passe à Antoine Hector de Cours, baron du Vignau, évitant la saisie révolutionnaire. Classé monument historique en 1926 (château) puis 2002 (communs et moulin), le site abrite aujourd’hui un domaine viticole. Parmi ses trésors, deux tables d’autel médiévales (dont une préromane datée de 990) classées en 2008 rappellent son héritage religieux. Le moulin, l’un des plus imposants de la Baïse, et les communs (chapelle disparue, pigeonnier, chai) complètent cet ensemble architectural marqué par des campagnes de travaux aux XVIIe et XVIIIe siècles.
L’architecture du château, de plan carré (13,30 m × 12,20 m), se distingue par ses échauguettes d’angle, son toit à quatre pentes et ses murs crénelés. Les Verduzan y ajoutèrent une terrasse à balustres et un parc à l’anglaise avec un temple de Vénus. Les caves voûtées, la chapelle aux ouvertures cintrées (aujourd’hui disparue), et le pigeonnier aux consoles typiques de l’époque Henri IV témoignent de son évolution. Le moulin, contemporain du château, conserve une base médiévale intacte, tandis que les dépendances révèlent des murs anciens.
Les sources archéologiques et historiques, comme les travaux de Philippe Lauzun (1911) ou Jacques Gardelles (1970), soulignent l’importance régionale du site. Son inscription aux monuments historiques et la présence d’éléments mobiliers classés (tables d’autel) en font un témoignage majeur du patrimoine gascon, mêlant héritage médiéval, transformations modernes et vocation viticole contemporaine.