Origine et histoire du Château de Hombourg-Budange
Le château de Hombourg-Budange, situé en Moselle dans la vallée de la Canner, trouve ses origines au Moyen Âge avec un château-forteresse des XIIIe ou XIVe siècles, propriété des Varsberg (maison de Raville). Des vestiges de cette époque subsistent, comme des courtines et des tours. Au XVIe siècle, la famille Créhange entreprend une reconstruction majeure : Guillaume de Créhange restaure et fortifie le site de 1536 à 1551, mais un incendie en 1552 ravage les lieux. Son frère Wyrich le reconstruit dès 1558, ajoutant des dépendances et un nouveau corps de logis en U entre 1560 et 1574, comme en témoignent les dates gravées sur les linteaux et médaillons.
Au XVIIe siècle, le château change de mains : il passe en 1655 à Antoine Joachim de Lenoncourt, puis à Antoine de Prisacier, tué devant ses murs par des troupes impériales. Son gendre, Jacques Gustave de Malortie, marquis de Boudeville, érige en 1719 l’aile nord de style classique, fermant la cour. Les communs, partiellement transformés aux XVIIe et XVIIIe siècles, reflètent ces évolutions architecturales. Les armoiries des Créhange, Brisacier et Malortie ornent encore les façades, rappelant ces successions.
Classé Monument Historique en 1928 pour ses façades et toitures, puis en 1988 et 1994 pour ses intérieurs, le château présente un état de dégradation avancé malgré son importance patrimoniale. Une convention signée en 2010 entre la DRAC Lorraine, la région, le département et La Demeure historique vise à financer des travaux d’urgence. Le site conserve des éléments médiévaux (enceinte, tours), Renaissance (trois ailes) et classiques (quatrième aile), ainsi qu’une chapelle castrale en contrebas du village.
Les propriétaires actuels, les comtes de Mortemart, descendants des Rochechouart, ont réalisé des modifications en 1955, mais l’ensemble nécessite une restauration approfondie. Les dépendances, datant des XVIIe au XIXe siècles, et les traces des transformations successives (comme la tour ajoutée en 1893 par Joseph Philippe Léopold de Hunolstein) illustrent son histoire mouvementée, marquée par des conflits, des héritages et des adaptations architecturales.