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Château de Hunebourg à Dossenheim-sur-Zinsel dans le Bas-Rhin

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Hunebourg

  • Route forestière
  • 67330 Dossenheim-sur-Zinsel
Château de Hunebourg
Château de Hunebourg
Château de Hunebourg
Château de Hunebourg
Château de Hunebourg
Château de Hunebourg
Château de Hunebourg
Château de Hunebourg
Crédit photo : Original téléversé par Denbert sur Wikipédia franç - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée
67330 Dossenheim-sur-Zinsel, Route forestière

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1800
1900
2000
1125
Première mention des comtes de Hunebourg
1378
Destruction partielle par les Strasbourgeois
1809
Achat par le maréchal Clarke
1932
Rachat par Fritz Spieser
1937-1938
Construction de la Friedensturm
2007
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château en totalité : la plate-forme assiette des constructions, tous les bâtiments y compris la porterie ainsi que la tour dite de la Paix et ses enclos, le puits, la citerne à filtration du grand rocher, tous les aménagements du petit et du grand rocher, la grotte d'amour en contrebas de la plate-forme, les bornes délimitant la parcelle, les sols ; à l'intérieur des bâtiments, les éléments mobiliers immeubles par destination (cad. 7 1) : inscription par arrêté du 22 juin 2007

Personnages clés

Folmar de Huneburc - Comte de Hunebourg Premier seigneur mentionné en 1125.
Fritz Spieser - Militant autonomiste alsacien Reconstructeur du château (1932-1944).
Karl Erich Loebell - Architecte Concepteur du château néo-roman.
Alfons Rompel - Sculpteur Auteur des bas-reliefs et sculptures.
Maréchal Clarke - Propriétaire post-révolutionnaire Transforma le site en parc (1809).

Origine et histoire du Château de Hunebourg

Le château de Hunebourg, situé à Dossenheim-sur-Zinsel dans le Bas-Rhin, trouve ses origines au XIIe siècle. Attesté dès 1125 avec le comte Folmar de Huneburc, il appartenait à une lignée proche des comtes de Metz et d’Eguisheim-Dabo. Ce château médiéval, composé d’un « vieux château » sur un petit rocher et d’un « nouveau château » adjacent, servait de résidence et de forteresse pour les comtes de Hunebourg, avoués des abbayes de Neuwiller et Honau. Il fut partiellement détruit en 1378 par les Strasbourgeois, puis reconstruit avant d’être progressivement abandonné à partir de 1464. Ses ruines, vendues comme bien national, furent acquises en 1809 par le maréchal Clarke, qui y aménagea un parc et détruisit le donjon médiéval.

Au début du XXe siècle, le site fut racheté par Fritz Spieser, un autonomiste alsacien, qui entreprit entre 1934 et 1944 une reconstruction ambitieuse en style néo-roman. L’architecte Karl Erich Loebell conçut plusieurs bâtiments, dont la Friedensturm (1937-1938), un donjon commémoratif dédié aux soldats alsaciens-mosellans de la Première Guerre mondiale. Le projet, interrompu par la Seconde Guerre mondiale, devint un lieu de réunions pour des groupes autonomistes pro-nazis. Spieser, contraint à l’exil en 1939, revint après l’occupation allemande mais ne put achever son œuvre en raison des pénuries de matériaux et de main-d’œuvre.

Après 1945, le château fut placé sous séquestre puis vendu en 1949 à la Société Mutualiste de l’Enregistrement. Transformé en centre de vacances pour les agents des Finances, il devint plus tard une propriété privée après avoir été un hôtel géré par Vacanciel. Aujourd’hui, le site conserve des éléments néo-romans comme la Friedensturm, la cour d’honneur et des bâtiments résidentiels, ainsi que des vestiges médiévaux à peine visibles. Inscrit aux Monuments Historiques en 2007, il témoigne des recompositions politiques et architecturales de l’Alsace au XXe siècle.

Le château médiéval, dont il reste peu de traces en élévation, était organisé en deux parties distinctes : le « vieux château » sur le petit rocher, protégé par un mur-bouclier et un donjon, et le « nouveau château » sur le grand rocher, probablement dédié à des fonctions résidentielles. L’accès se faisait par un escalier taillé dans la roche, à l’opposé de l’actuel pont. Les fouilles et études historiques révèlent une citerne creusée dans le roc et des pierres à bosses caractéristiques des XIIe et XIIIe siècles. Après sa destruction partielle en 1378, le château changea plusieurs fois de mains (Fleckenstein, Lichtenberg) avant d’être définitivement abandonné au XVe siècle.

Le projet de Fritz Spieser, marqué par son engagement autonomiste, visait à créer un symbole identitaire alsacien. La Friedensturm, haute de 16 mètres, épouse la forme pentagonale du rocher ouest et intègre des sculptures commémoratives. Les bâtiments résidentiels, comme la maison de Spieser (1935) et la Gästehaus (inachevée), devaient accueillir des hôtes et des activités culturelles. Le Saalbau, conçu comme une chapelle-salle de musique, et la ferme idéale (non réalisée) reflétaient une vision romantique de la vie communautaire, inspirée du mouvement Wandervogel. Les matériaux locaux (grès rose) et les références architecturales alsaciennes (arcatures, baies géminées) renforçaient cette dimension identitaire.

L’architecture néo-romane du château de Spieser s’inspire de monuments alsaciens, avec des voûtes d’arêtes, des bas-reliefs et des éléments défensifs stylisés. La cour d’honneur, close par un mur ajouré, et les sculptures d’Alfons Rompel (1895-1961) ajoutent une dimension artistique au projet. Malgré son inscription en 2007, l’accès à certains espaces, comme la tour-donjon, reste parfois restreint. Le site, aujourd’hui propriété privée, illustre les tensions mémorielles de l’Alsace, entre héritage médiéval, reconstruction controversée et réappropriation contemporaine.

Liens externes

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