Origine et histoire du Château de Jasseron
Le château de Jasseron, édifié initialement au Xe siècle puis reconstruit au XIIIe siècle, fut le centre d’une seigneurie majeure dans le Revermont. Situé sur une crête à 1 km de l’église de Jasseron (Ain), il combine une motte castrale tronconique et une vaste basse-cour ceinte de remparts. Ses vestiges incluent un donjon en fer à cheval, des logis organisés autour d’une cour, et les traces d’un prieuré médiéval fondé au XIIIe siècle, avec une chapelle aujourd’hui arasée. Le site illustre l’architecture militaire classique du Moyen Âge, avec des tours carrées et hexagonales datant probablement du XIVe siècle.
L’histoire du château est marquée par des changements de propriétaires influents. Vers 980-990, Richier de Coligny, fils de Manassès de Coligny, en fit don à l’abbaye de Saint-Claude, qui le conserva jusqu’au XIIIe siècle. En 1212, l’abbé Bernard III de Thoire l’engagea à Étienne II de Thoire-Villars, puis il fut inféodé à Amé de Coligny vers 1230, qui le reconstruisit. En 1300, l’abbaye céda ses droits sur la moitié du château, qui passa partiellement à la maison de Savoie en 1304 après une vente par Étienne de Coligny. Le site fut attaqué en 1307 par le sire de Thoire-Villars pendant des travaux de réparation.
Au XVIe siècle, le château changea plusieurs fois de mains : aliéné en 1586 par le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier à Joachim de Rye, il fut intégré au marquisat de Treffort. Après être passé entre les familles de Longwy, Créquy, et Perrachon, il fut vendu en 1735 à Antoine-Philibert de Grollier. Déjà en ruine en 1601, ses restes furent inscrits aux monuments historiques en 1927. Le château symbolise les luttes féodales et les alliances entre familles nobles, abbés, et comtes de Savoie, reflétant l’histoire mouvementée du Revermont.
La protection du site, effective depuis 1927, couvre les vestiges du donjon, des logis, et du prieuré. La basse-cour, entourée de braies et renforcée de tours, montre une organisation défensive typique des châteaux forts médiévaux. La chapelle, fondée au XIIIe siècle par accord entre les Coligny et l’abbaye de Saint-Claude, fut détruite au XIXe siècle. Aujourd’hui, les ruines offrent un témoignage architectural des Xe–XVIe siècles, lié à l’histoire des seigneurs de Coligny et des abbés de Saint-Claude.