Origine et histoire
Le château de Jouillat, situé dans le département de la Creuse en Nouvelle-Aquitaine, trouve ses origines au XIVe siècle sous la forme d’une tour de défense militaire, conçue pour protéger deux châteaux voisins. Son architecture atypique, marquée par un escalier en vis inversé et un donjon rectangulaire flanqué de quatre tours d’angle, reflète sa vocation initiale purement stratégique. Abandonnée pendant une période indéterminée, la tour a subi des prélèvements de pierres par les paysans locaux, entraînant la disparition de ses cheminées originales.
Au XIXe siècle, le château est réhabilité en habitation privée. Les étages sont cloisonnés pour créer des pièces à vivre, et des cheminées sont reconstruites dans un style anachronique, typique du XIXe siècle. Le portail d’entrée est alors orné de deux statues de lions dévorant des hommes, provenantes du château de Bretouilly situé sur la même commune. Ces sculptures, ajoutées à la fin du XIXe siècle, symbolisent une volonté de prestige malgré la modestie relative du bâtiment.
Les premiers propriétaires attestés sont les seigneurs de Chamborant, mentionnés dans des archives judiciaires dès 1490. Un procès opposant Imbert de Chamborant à Pierre de Brion aboutit en 1497 à la transmission des terres de Jouillat à Pierre de Chamborant. Les actes notariés ultérieurs révèlent une succession complexe de familles nobles, dont les Madot (XVIIIe siècle), qui entreprennent d’importants travaux de rénovation entre 1714 et 1733, donnant au château son apparence actuelle. Le monument, aujourd’hui propriété privée, ne se visite qu’à l’occasion des Journées du patrimoine.
L’architecture du château se distingue par son donjon massif à base rectangulaire, couronné de mâchicoulis crénelés et d’un chemin de ronde. Contrairement aux châteaux seigneuriaux classiques, sa structure reflète une fonction défensive prioritaire, avec des aménagements ultérieurs adaptés à un usage résidentiel. Les archives locales, notamment les travaux de Denis Loche (2017), précisent que la tour aurait été édifiée pour surveiller un territoire stratégique, sans vocation résidentielle initiale.
La période révolutionnaire marque un tournant dans l’histoire du château, avec des changements de propriétaires fréquents et des ventes en adjudication. En 1700, Marguerite de La Seiglière acquiert les « tours » de Jouillat pour 30 500 livres, soulignant que le terme « château » n’est pas encore utilisé. Au XIXe siècle, des familles bourgeoises comme les Chassinat ou les Dufour se succèdent, avant que le domaine ne passe aux Chevereau en 1945, toujours propriétaires en 2017.