Origine et histoire du Château de Jouqueviel
Le château de Jouqueviel, situé dans le Tarn en Occitanie, date probablement du XIIIe siècle, bien que sa première mention écrite remonte au XIVe siècle. Construit sur un éperon rocheux de gneiss, il se limitait à une tour rectangulaire de 4,5 x 5,5 mètres, aux murs épais d’un mètre, entourée d’un fossé. Son rôle exact reste incertain : tour de guet, fortin défensif ou même prison selon certaines traditions. Le site, stratégique, aurait pu être occupé bien avant le Moyen Âge.
La destruction du château intervient pendant la Révolution française, le 9 février 1790. Un groupe de paysans, hostiles au baron Augustin-Alexandre de Faramond (propriétaire impopulaire résidant à Rodez), pille et démolit l’édifice. De l’ensemble médiéval, il ne reste aujourd’hui que les ruines de la tour, inscrites aux monuments historiques en 1927. Un petit logis adjacent, postérieur et doté de meurtrières pour arquebuses, suggère une reconstruction partielle à une époque indéterminée.
Le nom Jouqueviel (ou jocal vielh en occitan) évoque son emplacement : « juchoir vieux », en référence au piton rocheux sur lequel il est perché. Le château faisait face à celui de Roumégous, soulignant son rôle dans un réseau défensif local. Aucune trace ne subsiste du puits profond mentionné par la tradition, ni des autres constructions mineures qui l’entouraient. Les vestiges actuels illustrent une architecture modeste, typique des petits fief ruraux de la région.
La tour conservée, haute de trois étages à l’origine, présente des angles renforcés par des piliers aujourd’hui partiellement effondrés. Son état actuel ne permet pas de restituer avec précision son apparence médiévale. Le second fossé, taillé dans la roche, rendait l’accès particulièrement difficile, confirmant sa vocation défensive. Les fenêtres étroites, caractéristiques des édifices militaires, limitait les points de vulnérabilité.
Après sa destruction révolutionnaire, le site tombe dans l’oubli jusqu’à son classement en 1927. Le logis adjacent, de facture plus récente, pourrait dater des XVIIIe ou XIXe siècles, bien que ses meurtrières suggèrent une origine antérieure. Aucune archive ne documente cependant sa construction. Aujourd’hui, le château de Jouqueviel offre un témoignage fragmentaire de l’architecture castrale modeste en Albigeois.