Origine et histoire du Château de Jours-lès-Baigneux
Le château de Jours-lès-Baigneux trouve ses origines au XIIIe siècle avec une première forteresse appartenant à la famille de Brancion, vendue en 1259 au duc Hugues IV de Bourgogne. Au milieu du XIVe siècle, le domaine passe aux mains de la famille d'Anglure, qui entreprend sa reconstruction entre 1542 et 1566 dans un style Renaissance marqué par l'influence de l'architecte italien Sebastiano Serlio. La façade sud-ouest, ornée de pilastres et d'arcades, ainsi que la tour Joyeuse dédiée à Isabeau de Joyeuse, épouse de Claude d'Anglure, témoignent de cette période faste. Le blason disparu portait les armes des deux familles, symbolisant leur alliance.
Au XVIIIe siècle, le château subit un démantèlement partiel vers 1743, transformant l'ancienne forteresse en une résidence entourée d'un parc paysager avec terrasses, allées et canaux. Après avoir changé de mains à plusieurs reprises, notamment lors de la Révolution où il est vendu comme bien national, le château est classé monument historique en 1964 pour ses façades, toitures, escalier et voûtes. Abandonné au XIXe siècle, il est sauvé en 1967 par M. Schein, évitant ainsi une destruction projetée par le maire de Dijon, Félix Kir, qui souhaitait le déplacer près du lac de la ville.
L'architecture du château mêle des éléments défensifs, comme les traces d'un ancien pont-levis au-dessus de l'entrée, et des caractéristiques Renaissance, telles que les lucarnes à frontons et les toits en ardoise. La tour ronde coiffée d'un toit à l'impérial, ainsi que les fossés entourant l'édifice, rappellent son passé médiéval. Le parc, aménagé après le démantèlement de la forteresse, offre une perspective dégagée vers des prairies et des charmilles, reflétant les goûts paysagers des XVIIe et XVIIIe siècles.
Le château reste un témoignage architectural majeur de la Renaissance en Bourgogne, marqué par les influences italiennes et les transformations successives. Son histoire reflète les bouleversements politiques et sociaux, de la féodalité à la Révolution, en passant par les périodes d'abandon et de restauration. Aujourd'hui, il incarne à la fois un patrimoine historique préservé et un symbole de la résilience des monuments face aux projets de démolition ou de déplacement.