Description : . Situé au nord-est du bourg, le château de Keravéon et ses dépendances, sont implantés à toucher le village de Keroret, où se trouvaient ses principales métairies sous l'Ancien régime.. C'est une imposante demeure seigneuriale protégée par une triple enceinte, mise en perspective par l'allée principale du parc : celle de la cour du logis, celle des communs et celle de l'enclos avec porte d'entrée majestueuse au sud.. . Le logis : il est situé au nord du parc, à l'est d'une cour cernée de douves (à l'ouest et au sud). Il présente une double façade aspectée à l'ouest et à l'est. Il est composé d'un corps principal à sept travées dont les trois du milieu sont réunies sous un fronton triangulaire, et de deux ailes double en profondeur, formant pavillons d'angle, dont celle au nord occupée par l'ancien donjon remanié. Côté est, les pièces en enfilades reflètent une disposition probablement imposée par le logis ancien dont on a conservé les refends. Côté ouest, deux niveaux de galeries confèrent à l'ensemble un faux plan double en profondeur. Au RDC, la galerie est dallée de pierres blanches et cabochons de schiste noir. L'ensemble est distribué par deux escaliers : la vis de la tour nord et un escalier en charpente, médiocre, dans l'aile sud, dans le jour duquel est aménagé un ascenseur pour l'hôtellerie (1972-1992).. Les corniches et les lucarnes (disparues) de la façade ouest, celles des frontons, les oculi sont en pierre blanche. L'enduit côté est a disparu, celui de la façade ouest a été mal refait, faisant disparaître les bandeaux d'étage.. Cette composition régulière sous toitures de long pan et noues sur les frontons de la partie centrale, reflète l'inspiration néoclassique du 1er quart du XIXe siècle. A noter une cheminée de style néoclassique au RDC d'une salle à l'est de l'aile nord.. . Le donjon : Il est représenté sur le plan cadastral de 1811 et a été englobé dans les extensions nord du logis. A noter l'épaisseur des murs des premiers niveaux qui laisse transparaître l'ancienneté de cette construction. De plan rectangulaire, il présente 4 étages et un étage de comble sous le toit en pavillon brisé. Au sommet un lanterneau sert de belvédère d'où l'on peut embrasser le paysage alentour jusqu'à Lorient. A rapprocher des toitures de Kergonano en Baden. La tour d'escalier ajoutée dans l'angle sud-ouest avec le logis principal est coiffée d'un toit conique brisé, avec oculi et haut épi de faîtage en zinc. Elle est contemporaine de la reprise du donjon, le tout dans un style éclectique mais toutefois assez austère, qui reflète le travail des ingénieurs dans le premier quart du XIXe siècle.. . L'enceinte de la basse cour du château : elle est conservée au sud et à l'ouest, où subsistent des douves en eau. Au sud, elle intègre une porte avec pont-levis (détruit) dont on distingue toujours une partie des dispositifs telle les trémies des potences relevant le pont.. En encorbellement sur les angles sud-est et sud-ouest, deux échauguettes en pierre de taille sont percées de petites bouches à feu pour armes légères, et coiffées d'un dôme terminé d'une boule. Les armes de Talhouët et alliés (à vérifier) sont sculptées sur leurs parties basses vers l´extérieur, ainsi que sur les pilastres du parapet de l'enceinte.. Le puits dans la cour à l'ouest du logis est de plan circulaire, en pierre de taille, avec substructures en fer forgé.. . La clôture du parc : prenant la forme générale mais irrégulière d'un quadrilatère, elle est constituée d'un haut mur de moellons, dont la partie sud, où se trouve le portail de l'entrée principale, est traité comme une enceinte fortifiée.. Précédée et mise en perspective par des douves remplies d'eau, le portail est une porte monumentale en pierre de taille, flanquée de deux tourelles en moellons (ajout du XIXe siècle). La porte charretière est surmontée d'un fronton cintré portant les armes de Keravéon en grande partie illisibles. Une poterne latérale existe à l'est de la tourelle orientale.. A l'est du portail, une tour basse construite en moellons sert de plateforme pour la surveillance de la route vers Keroret.. . Les dépendances : les écuries sont bâties au sud du château, suivant un plan néoclassique en double arc de cercle de part et d'autre de l'allée centrale. Au sud, elles sont défendues par des fossés remplis d'eau. Propriété de la commune, elles sont très remaniées.. La ferme, au nord du château n'est pas repérée.. La maison du gardien, comportant en façade ouest, des remplois d'une ferme du XVIe siècle de Locoal-Mendon, est un pastiche des années 1930.. Le colombier et l'orangerie font l'objet de sous dossiers.
Propriété du département ; propriété d'une société privée
56410 Erdeven, Kéravéon
Frise chronologique
IXe siècle
Origines seigneuriales
Origines seigneuriales
IXe siècle (≈ 950)
Premières traces de la seigneurie de Keravéon.
XIVe siècle (vers 1330-1350)
Construction du premier édifice
Construction du premier édifice
XIVe siècle (vers 1330-1350) (≈ 1340)
Attribué à Pierre de Talhouët.
XVIIe siècle
Agrandissement du château
Agrandissement du château
XVIIe siècle (≈ 1750)
Période de construction principale.
1761
Changement de propriété
Changement de propriété
1761 (≈ 1761)
Passage aux Cambout de Coislin.
1795
Quartier général du général Hoche
Quartier général du général Hoche
1795 (≈ 1795)
Lutte contre le débarquement de Quiberon.
1798
Restauration par Adélaïde de Coislin
Restauration par Adélaïde de Coislin
1798 (≈ 1798)
Rachat et réhabilitation post-incendie.
1822-1823
Rénovation de la tour
Rénovation de la tour
1822-1823 (≈ 1823)
Transformée en amer pour la navigation.
19 novembre 1941
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
19 novembre 1941 (≈ 1941)
Colombier et portail protégés.
1992
Fermeture de l'hôtellerie
Fermeture de l'hôtellerie
1992 (≈ 1992)
Fin de l'usage touristique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le colombier et le portail d'entrée (cad. ZC 34b, 38b) : inscription par arrêté du 19 novembre 1941
Personnages clés
| Pierre de Talhouët - Seigneur et fondateur |
Constructeur du premier édifice (XIVe siècle). |
| Général Hoche - Commandant militaire |
Utilisa le château en 1795. |
| Adélaïde de Coislin de Botdéru - Restauratrice du château |
Rachat et travaux post-Révolution. |
| Vicomte de Soussay - Propriétaire au XIXe siècle |
Acquiert le domaine en 1847. |
| Ingénieurs des Ponts et Chaussées (Bondhore, Kerano) - Rénovateurs de la tour |
Travaux de 1822-1823. |
Origine et histoire du Château de Kéravéon
Le château de Kéravéon, situé à Erdeven dans le Morbihan, trouve ses origines au IXe siècle comme siège de la seigneurie de Keravéon. Le premier édifice connu est attribué à Pierre de Talhouët au XIVe siècle, mais c’est au XVIIe siècle que le château prend sa forme actuelle, avant d’être profondément remanié aux XVIIIe et XIXe siècles. Le site, propriété de la famille de Talhouët jusqu’au XVIIIe siècle, passe ensuite aux mains des Cambout de Coislin, puis est partiellement détruit pendant la Révolution française.
En 1795, le général Hoche utilise le château comme quartier général lors des opérations de défense contre le débarquement de Quiberon. Incendié par les troupes républicaines, il est racheté en 1798 par Adélaïde de Coislin de Botdéru, qui entreprend sa restauration. Au XIXe siècle, la tour de cinq étages est rénovée (1822-1823) pour servir d’amer à la navigation côtière, tandis que le corps de logis est étendu et doté d’une galerie. Le parc, les communs et les douves sont également réaménagés, reflétant l’influence néoclassique de l’époque.
Le château, entouré d’une triple enceinte (murs, douves, échauguettes), comprend un logis principal à sept travées, un donjon rectangulaire de cinq étages, et un portail monumental inscrit aux Monuments Historiques depuis 1941. Le colombier, également protégé, date du XVIIe siècle. Après avoir appartenu au vicomte de Soussay au XIXe siècle, le domaine devient une hôtellerie de luxe au XXe siècle avant d’être abandonné en 1992. Aujourd’hui, une partie des dépendances, comme la maison de garde, est gérée par la commune.
L’architecture du château mêle des éléments médiévaux (donjon, échauguettes) et des ajouts néoclassiques (galeries, frontons, communs en arc de cercle). La tour, rénovée par les ingénieurs des Ponts et Chaussées, offre un belvédère avec une vue jusqu’à Lorient. Les armoiries des familles Talhouët et Cambout de Coislin, visibles sur les enceintes et le portail, rappellent l’histoire seigneuriale du lieu. Le parc, ouvert au public, inclut trois plans d’eau et des allées mises en perspective par l’entrée monumentale.
Les sources historiques soulignent l’importance stratégique du château, notamment pendant la Révolution, ainsi que son évolution architecturale au fil des siècles. Les plans cadastraux du XIXe siècle attestent des transformations majeures, comme l’intégration du donjon dans le logis ou la construction des écuries néoclassiques. Malgré les destructions et les rénovations, le château de Kéravéon reste un témoignage des mutations sociales et architecturales de la Bretagne, de l’époque médiévale à l’ère moderne.