Origine et histoire du Château de Kercadio
Le château de Kercadio, situé sur la commune d’Erdeven dans le Morbihan, est attesté dès 1427 comme propriété d’Alain de Kercadio. Ce manoir à cour fermée intègre un corps de logis fortifié des années 1480-1490, vestige d’un des derniers donjons-résidences bretons, ainsi qu’une chapelle du XVIe siècle. La famille de Larlan, seigneurs de Kercadio et de Rochefort, en est propriétaire jusqu’au début du XVIIIe siècle, assurant la garde de la côte de Quiberon à Étel.
En 1703, le domaine passe à Jean-Louis Gouyon de Vaudurand (1702-1780), évêque de Saint-Pol-de-Léon, qui y meurt en 1780. Le château est alors remanié au XVIIIe siècle, avec un logis central aux boiseries classiques et des communs symétriques. Vendue comme bien national à la Révolution, la propriété devient une exploitation agricole jusqu’en 1976, avant d’être inscrite aux Monuments Historiques en 1998 pour son ensemble architectural (logis, communs, ruines de la tour-logis et chapelle).
L’ancien logis-tour, daté de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle, illustre les aménagements défensifs liés aux guerres de Ligue, avec des meurtrières pour mousquets et une échauguette. Les communs, construits au XVIIe siècle, encadrent une cour fermée par un mur en saut-de-loup. Le domaine comprenait aussi une orangerie et un colombier, aujourd’hui disparus, visibles sur les plans cadastraux de 1811 et 1845.
Parmi les personnalités ayant séjourné au château, le duc de Penthièvre, Louis de Bourbon (1725-1793), petit-fils de Louis XIV, y est attesté en 1746. Le site, marqué par son histoire seigneuriale et religieuse, reflète les évolutions architecturales et sociales de la Bretagne, des guerres médiévales à l’époque moderne.
L’inscription de 1998 couvre l’intégralité du manoir, incluant les boiseries du XVIIIe siècle, les ruines de la chapelle et de la tour-logis, ainsi que les murs de clôture. Le château, aujourd’hui partiellement en ruines, témoigne de la transition entre le manoir médiéval et la résidence aristocratique classique, tout en conservant des éléments défensifs rares en Bretagne.