Crédit photo : Mikko Koponen from Helsinki, Finland - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
XVe siècle
Construction du manoir
Construction du manoir
XVe siècle (≈ 1550)
Tour octogonale et corps de logis
1591
Mariage de Marie de Kergrist
Mariage de Marie de Kergrist
1591 (≈ 1591)
Passage aux Kergariou
XVIe siècle
Agrandissement du manoir
Agrandissement du manoir
XVIe siècle (≈ 1650)
Seconde tour ajoutée par Jehan de Kergrist
XVIIe siècle
Transformation en château
Transformation en château
XVIIe siècle (≈ 1750)
Façades classiques et jardins
1792
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1792 (≈ 1792)
Morcellement et pillage
1867
Restauration par les Huon de Penanster
Restauration par les Huon de Penanster
1867 (≈ 1867)
Retour à l’esprit XVIIe siècle
20 janvier 1926
Classement monument historique
Classement monument historique
20 janvier 1926 (≈ 1926)
Protection des façades
1987
Tempête dévastatrice
Tempête dévastatrice
1987 (≈ 1987)
Destruction partielle des jardins
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades (cad. C 400) : inscription par arrêté du 20 janvier 1926
Personnages clés
| Jehan de Kergrist - Seigneur et constructeur |
Commanditaire du manoir (XVe siècle) |
| Marie de Kergrist - Dernière héritière |
Épouse Jonathas de Kergariou en 1591 |
| Charles Huon de Penanster - Restaurateur et sénateur |
Acheteur en 1867, collectionneur d’art |
| Claire Le Roux - Fondatrice du *Petit Écho de la Mode* |
Épouse de Charles, gestionnaire du domaine |
| Julien Huon de Penanster - Ingénieur et propriétaire |
Cofinanceur de la restauration (1867) |
| Pierre Paul Rubens - Peintre flamand |
Auteur de toiles exposées au château |
Origine et histoire
Le château de Kergrist, situé à Ploubezre dans les Côtes-d'Armor, trouve ses origines au XVe siècle avec la construction d’un manoir Renaissance breton. Ce premier édifice, commandé par Jehan de Kergrist et son épouse Gilette le Cozic, se compose d’une tour octogonale et de deux corps de logis. Une seconde tour, plus imposante, est ajoutée au XVIe siècle, reflétant la prospérité de la famille. Le manoir, typique du Trégor, inclut un passage voûté menant à un potager clos.
Au XVIIe siècle, le domaine passe aux Kergariou par le mariage de Marie de Kergrist avec Jonathas de Kergariou. Une façade classique est érigée à l’est, accompagnée d’un escalier à double volée menant à un jardin à la française. La façade sud, plus épurée, s’inspire de ce style. Au XVIIIe siècle, les Barbier de Lescoët, alliés aux Kergariou, modernisent le château, mais la Révolution française (1792) entraîne son morcellement, son pillage et son abandon.
En 1867, Charles et Julien Huon de Penanster rachètent et restaurent le domaine dans un esprit XVIIe siècle, intégrant des boiseries de l’abbaye de Beauport et des toiles de Rubens et Giordano. Les jardins, réaménagés par Charles (passionné d’art paysager), mêlent styles français, anglais et Renaissance. La chapelle Saint-Laurent, les écuries et un moulin à eau (1759) complètent l’ensemble. Classé monument historique en 1926, le château abrite aujourd’hui des expositions et des événements culturels.
Le nom Kergrist, d’origine bretonne (ker pour « maison » et grist, mutation de « Christ »), évoque une « maison du Christ », soulignant son statut de seigneurie noble. Le Léguer, fleuve à saumons, borde le parc de 4 hectares, où subsistent des arbres centenaires malgré la tempête de 1987. Les armoiries des Kergrist (d’or à un croissant de sable) et des Huon de Penanster (d’argent à trois chevrons de gueules) ornent les façades.
Les Huon de Penanster, propriétaires depuis 1867, ont marqué l’histoire du château. Charles (1832–1901), député et sénateur, et son épouse Claire (1849–1927), fondatrice du Petit Écho de la Mode, ont restauré le domaine et enrichi ses collections. Leur descendant Régis a créé le Jardin des Roches au XXe siècle, tandis que le château servait de décor à des tournages (films, clips, émissions).