Frise chronologique
vers 1542
Début de la construction
Début de la construction
vers 1542 (≈ 1542)
Influence de Philibert de l'Orme supposée.
1599
Construction du colombier
Construction du colombier
1599 (≈ 1599)
Date gravée sur l'édifice.
1618
Création du marquisat
Création du marquisat
1618 (≈ 1618)
Louis XIII anoblit le domaine.
1710
Incendie partiel
Incendie partiel
1710 (≈ 1710)
Destruction du pavillon nord-est.
27 juin 1794
Exécution de la marquise
Exécution de la marquise
27 juin 1794 (≈ 1794)
Guillotinée à Brest pendant la Révolution.
1911
Classement monument historique
Classement monument historique
1911 (≈ 1911)
Rachat par l'État et protection.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château et ses dépendances : classement par arrêté du 29 avril 1911
Personnages clés
| Louis Barbier - Seigneur de Kerjean, chef d’escadre |
Commanditaire principal du château. |
| René Barbier - Marquis de Kerjean, chevalier de Saint-Michel |
Lutte contre les pirates au XVIIe. |
| Suzanne Augustine de Coatanscour - Dernière marquise de Kerjean |
Guillotinée en 1794, symbole de la noblesse. |
| François-Gilles de Kersauzon - Époux de la marquise |
Dernier seigneur avant la Révolution. |
| Louis XIII - Roi de France |
Érige Kerjean en marquisat en 1618. |
| Antoine Coysevox - Sculpteur baroque |
Œuvres abritées à Kerjean pendant la guerre. |
Origine et histoire
Le château de Kerjean, situé à Saint-Vougay dans le Finistère, fut construit au XVIe siècle par la famille Barbier, noble mais modeste, dans un contexte de prospérité économique liée au commerce des toiles en Bretagne. Ce monument, inspiré par les architectes de la Renaissance comme Philibert Delorme ou Jacques Androuet du Cerceau, combine élégance architecturale et innovations militaires, avec une enceinte trapézoïdale flanquée de bastions et un fossé sec. Surnommé le « Versailles de la Bretagne », il reflète l’ambition de ses commanditaires.
En 1618, Louis XIII érige Kerjean en marquisat, reconnaissant sa beauté exceptionnelle. Le château, partiellement délaissé au XVIIe siècle, retrouve son lustre au XVIIIe sous les Coatanscour, avant d’être marqué par la Révolution française : la marquise Suzanne Augustine de Coatanscour, connue pour son orgueil et sa générosité envers les pauvres, y est arrêtée en 1794, guillotinée à Brest, et le domaine est démantelé. Les matériaux sont vendus, et l’édifice se dégrade jusqu’à son rachat par l’État en 1911.
Classé monument historique en 1911, Kerjean abrite durant la Seconde Guerre mondiale des œuvres d’art, dont des sculptures d’Antoine Coysevox aujourd’hui au Louvre. Depuis 1985, le département du Finistère en assure la gestion. Restauré en 2005, le château se visite au sein d’un parc de 19 hectares, où subsistent un colombier, des poteaux de justice et une fontaine, témoignages du pouvoir seigneurial. Son architecture, mêlant influences italiennes et innovations militaires, en fait un joyau du patrimoine breton.
La généalogie des seigneurs de Kerjean révèle des figures marquantes, comme Louis Barbier, chef d’escadre de Bretagne, ou René Barbier, marquis et chevalier de Saint-Michel, célèbre pour ses combats contre les pirates au XVIIe siècle. La dernière marquise, Suzanne Augustine de Coatanscour, incarne l’apogée et la chute de la noblesse léonarde. Son cœur, rapporté à Kerjean après son exécution, repose dans l’église de Saint-Vougay.
Au XIXe siècle, le château, vendu comme bien national, passe entre les mains de familles qui accélèrent sa ruine en vendant ses matériaux. Sauvé par l’État, il intègre en 2006 l’Établissement public de coopération culturelle « Chemins du patrimoine en Finistère », aux côtés d’autres sites majeurs. Aujourd’hui, Kerjean illustre à la fois l’âge d’or de la Renaissance bretonne et les bouleversements de la Révolution.