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Château de l'Arrouaise dans l'Aisne

Aisne

Château de l'Arrouaise

    5 Ferme de L’Arrouaise
    02450 Oisy

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1830
Héritage du duc d’Aumale
1848
Exil du duc d’Aumale
années 1850
Construction du château-ferme
1857
Défrichage et construction des fermes
1872
Retour du duc d’Aumale
1892
Médaille d’or agricole
1940
Morcellement du domaine
2022
Acquisition privée
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Henri d’Orléans, duc d’Aumale - Prince et héritier Propriétaire initial, exilé en 1848.
Baron Seillière - Industriel et acquéreur Modernisa le domaine après 1852.
M. Lenglet - Directeur de l’Arrouaise Géra l’exploitation en 1892.
Duc de Chartres (1840-1910) - Héritier du domaine Successeur du duc d’Aumale.
Jean d’Orléans, duc de Guise (1874-1940) - Dernier duc de Guise Propriétaire avant le morcellement.

Origine et histoire

Le château-ferme de l’Arrouaise, aussi appelé Grande Arrouaise, fut érigé dans les années 1850 à Oisy (Aisne) par le baron Seillière, au sein du domaine agricole et forestier de Guise. Ce manoir en briques, flanqué de tourelles et doté d’un parc à l’anglaise, s’inscrit dans un ensemble moderne incluant sucrerie, fermes rationnelles, et ateliers (forge, moulin). Il symbolise la transformation industrielle du domaine après son rachat par la société Seillière, suite à l’exil du duc d’Aumale en 1852.

Le domaine appartenait initialement à Henri d’Orléans, duc d’Aumale, héritier en 1830 des 10 000 hectares de Guise, incluant forêts et fermes de Thiérache. Exilé après 1848, il revint en 1872 et retrouva un domaine transformé, avec des fermes-modèles comme l’Arrouaise, primées pour leurs innovations agricoles. Le hameau, autarcique, abritait école, boulangerie et services techniques, reflétant une organisation sociale avancée pour l’époque.

Le château, logis confortable de 40 fenêtres, mêle décors bourgeois (boiseries, salons) et fonctionnalité (caves, corridors). Ses façades portent encore les armes du duc d’Orléans. Après les guerres mondiales, le domaine fut morcelé : l’Arrouaise, vendue à des particuliers, reste un rare témoin des châteaux-fermes industrielles. Aujourd’hui, deux exploitations agricoles y subsistent, et le manoir a été acquis en 2022 par un propriétaire privé.

La sucrerie d’Oisy et les cinq fermes modernes (bergerie, vacherie, écurie) furent bâties après le défrichement de 500 hectares de forêt en 1857, vestige préhistorique. Ces constructions rationnelles, organisées autour d’une cour carrée de 200 mètres, illustrent l’application des techniques agricoles révolutionnaires du XIXe siècle, combinant élevage, culture et mécanisation (machine à vapeur, ateliers).

Le retour du duc d’Aumale en 1872 marqua une ère de reconnaissance pour l’Arrouaise, visitée en 1883 et 1892. Le prince y félicita le directeur Lenglet pour les médailles agricoles obtenues, dont l’or au comice de Wassigny en 1892. Le domaine, passé aux duc de Chartres puis de Guise, fut finalement démantelé après 1940, perdant son unité historique.

Aujourd’hui, l’Arrouaise incarne un patrimoine agro-industriel unique, où persiste une activité agricole (élevage ovin, cultures). Son château, aux influences néo-Louis XIII, et ses fermes témoignent d’une utopie productiviste, entre héritage princier et innovation capitaliste, dans la Thiérache du XIXe siècle.

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