Origine et histoire du Château de l'Empéri
Le château de l'Empéri, forteresse perchée sur le rocher du Puech à Salon-de-Provence, domine la plaine de la Crau et remonte au IXe siècle. Il fut successivement résidence des archevêques d'Arles et des empereurs germaniques, d'où son nom issu du provençal "Empèri" signifiant empire. Devenu un symbole de la ville aux côtés de Nostradamus et du centre historique, il attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs. Classé monument historique depuis le 10 septembre 1956, il abrite aujourd'hui le musée de l'Armée, le musée de Salon et de la Crau ainsi que le Jardin des Simples de Nostradamus. Les remparts s'appuient sur la roche ; l'édifice conserve un donjon, des salles remarquables, une porte d'entrée, des cheminées et des décors en trompe-l'œil. Le musée de l'Armée, annexe de celui des Invalides, présente des reconstitutions fidèles des corps d'armée de l'Ancien Régime aux conflits du XXe siècle et met l'accent sur l'évolution de l'uniforme et sur l'homme sous l'uniforme. La collection Raoul et Jean Brunon, vendue à l'État en 1967, constitue l'essentiel des pièces exposées, dont un exemplaire du lit de Napoléon à Sainte-Hélène. La visite parcourt allées d'armes, uniformes, mannequins et médailles pour aboutir aux objets de la guerre de 1914-1918. Parmi les pièces marquantes figurent une paire de gants portée par Napoléon Ier pendant la campagne d'Égypte, des habits et attributs de maréchaux et généraux comme Louis-Nicolas Davout, Jean-Baptiste Bessières, Jean-Marie Ritay, Rouillard de Beauval, Philippe Antoine d'Ornano et Claude Testot-Ferry, la giberne de Louis XV, un uniforme de caporal du Prince Impérial et le sabre d'Abdel Kader, dont la non-restitution reste source de tensions avec l'Algérie. La galerie présente également des uniformes variés, du chasseur à cheval et du hussard du Premier Empire aux tenues de la Garde impériale et à des uniformes civils ou militaires du milieu du XIXe siècle. Le musée de Salon et de la Crau retrace la vie locale de l'Antiquité au XXe siècle à travers l'archéologie, la savonnerie, l'agriculture et l'art religieux. Le Jardin des Simples rassemble des plantes médicinales communes aux collines provençales, utilisées par Nostradamus pour ses préparations ; le musée Nostradamus se situe hors les murs, au pied du château. Le site est aussi un lieu de vie artistique et associatif : chaque été il accueille concerts, festivals et reconstitutions historiques, dont L'été au château, Théâtre Côté Cour, le Salon Festival international de musique de chambre de Provence et les Fêtes Renaissance, qui recréent une atmosphère médiévale dans le centre ancien. La Reconstitution a accueilli la participation de personnalités comme Jean-Pierre Foucault, et en 2006 Robert Hossein a prêté sa voix à un spectacle clôturant les festivités. Au pied du château, la place des Centuries débouche sur l'église Saint-Michel et une esplanade offre un vaste panorama sur la vieille ville. La cour Brunon abrite des associations artistiques et culturelles, le conservatoire municipal, Salon Culture et les Amis du musée de Salon et de la Crau. Le lycée jouxtant le château, nommé Empéri, présentait la particularité de proposer une préparation à l'entrée de l'École de l'air de Salon-de-Provence, permettant ensuite d'intégrer l'armée de l'air et d'espérer rejoindre la Patrouille de France ; il était également réputé pour la qualité de sa restauration, son repas de Noël ayant été couvert par des journaux télévisés et la cantine et son chef présentés dans une émission diffusée sur M6 en octobre 2006.