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Château de l'Épine à Agonges dans l'Allier

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château Médiéval et Renaissance

Château de l'Épine

  • Les Echardons
  • 03210 Agonges
Château de lÉpine
Château de lÉpine
Château de lÉpine
Château de lÉpine
Château de lÉpine
Château de lÉpine
Crédit photo : Cedric23a - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
03210 Agonges, Les Echardons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1322
Premier aveu féodal
1444
Aveu de Pierre de Saint-Aubin
XVe siècle (2e moitié)
Construction des tours d’angle
1717
Crime au château
5 mars 1992
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le domaine de l'Epine, y compris les douves (cad. A 10, 11) : inscription par arrêté du 5 mars 1992

Personnages clés

Étienne Boutefeu - Seigneur de Lespine (XIVe s.) Premier aveu féodal connu en 1322.
Marguerite Boutefeu - Dame de Lespine (début XVe s.) Épouse de Guillaume de Roux, roi d’armes.
Pierre de Saint-Aubin - Seigneur de l’Épine (XVe s.) Aveu détaillé du domaine en 1444.
Gilbert-Charles Legendre - Marquis de Saint-Aubin (XVIIIe s.) Ruiné par le système de Law.

Origine et histoire du Château de l'Épine

Le château de l’Épine, situé à Agonges dans l’Allier, est un domaine fortifié du XVe siècle, représentatif des fermes fortifiées bourbonnaises. D’abord simple motte castrale au XIIIe siècle, il fut renforcé par des douves et des tours d’angle au XVe siècle, en réponse aux instabilités de la guerre de Cent Ans. Son plan carré, entouré de douves toujours en eau, inclut un logis, des communs (grange, écuries), et une chapelle dans la tour sud-ouest. L’ensemble, classé Monument Historique en 1992, illustre l’évolution des maisons fortes rurales en châteaux défensifs.

Les premiers aveux féodaux remontent à 1322, lorsque Étienne Boutefeu, seigneur de Lespine, rend hommage pour le domaine. La seigneurie passe ensuite aux mains des Boutefeu, puis par alliance aux Saint-Aubin au XVe siècle, qui y exercent une justice seigneuriale complète (haute, moyenne, basse). En 1444, Pierre de Saint-Aubin décrit un « ostel, forteresse et foussés » avec colombier, moulins, et droits d’usage en forêt de Bagnolet. Le château, doté d’un pont-levis et de meurtrières, symbolise alors le pouvoir féodal local, combinant fonctions résidentielles, agricoles et judiciaires.

Au XVIIe siècle, la famille de Saint-Aubin conserve l’Épine jusqu’à sa vente forcée en 1749-1751, suite à la banqueroute du marquis Gilbert-Charles Legendre, ruiné par le système de Law. Le domaine, affermé dès 1685, devient une exploitation agricole : en 1717, un crime y est commis (meurtre d’un fermier), et en 1775, il est géré par Pierre Daumin. L’architecture, préservée, révèle des aménagements défensifs (tours, douves) et économiques (moulins, granges), typiques des seigneuries bourbonnaises.

La tour sud-ouest, la plus ancienne, abrite une chapelle voûtée au rez-de-chaussée et un pigeonnier à l’étage, accessible par un escalier en colimaçon. Sa charpente à deux niveaux, dont une « roue » à rayons courts, est remarquable. Les murs, percés de boulins (nids à pigeons en terre cuite), attestent de son usage mixte : culte, stockage, et symbole de prestige seigneurial. Les communs, encore intacts, conservent leurs charpentes et aménagements d’origine, offrant un témoignage rare de la vie rurale médiévale.

Classé Monument Historique en 1992, le château de l’Épine incarne la transition entre maison forte et château résidentiel. Son histoire, marquée par les alliances matrimoniales (Boutefeu, Saint-Aubin, Legendre) et les crises économiques (banqueroute de 1720), reflète les mutations de la noblesse bourbonnaise. Aujourd’hui, son plan carré, ses douves et ses bâtiments agricoles en font un exemple unique de domaine fortifié préservé, illustrant à la fois l’architecture défensive et la vie seigneuriale des XVe–XVIIIe siècles.

Liens externes

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