Origine et histoire
Le château de l'Escoublère, aussi appelé Écoublère, est un monument Renaissance du XVIe siècle situé à Daon, en Mayenne, à 2 km au nord-est du bourg. Construit vers 1570, il illustre l’évolution des châteaux-forts vers des résidences plus confortables tout en conservant des éléments défensifs, comme les douves et le pont-levis remplacé par une passerelle de pierre. Son architecture, avec des tours coiffées de toits en cloche et une chapelle inachevée en 1535, reflète les influences de la période.
L’histoire du château est liée à la famille de Salles, propriétaire dès le XIVe siècle. Jean de Salles, resté catholique pendant les guerres de Religion, renforce ses défenses entre 1560 et 1570 face aux troubles protestants locaux. Une inscription latine sur le puits, datée de 1570, témoigne de cette époque agitée : « In te, Domine, speravi » (« En Toi, Seigneur, j’ai mis mon espérance »). Le domaine, vassal de Daon, comprenait alors des métairies, des bois et des vignes.
Au XVIIIe siècle, le château devient un repère chouan pendant la Révolution. Coquereau, chef royaliste, en fait son quartier général avant d’y être tué en 1795. Une inscription sur le châtelet commémore cet épisode, citant ses lieutenants comme Binet et Grand Pierre. Classé monument historique en 1927, le château conserve des éléments remarquables comme son puits sculpté, sa cour intérieure et ses douves toujours en eau.
Les seigneurs de l’Escoublère, dont Jean de Salles (bâtisseur du château) et Claude de Salles (tué en 1622), marquent son histoire. Au XIXe siècle, le domaine passe entre les mains de familles nobles comme les du Guesclin ou les Beynaguet, avant d’être vendu en 1842 à Romain Le Motheux. Son architecture, mêlant Renaissance et adaptations militaires, en fait un témoignage rare des tensions religieuses et politiques de l’Ancien Régime.
La chapelle, jugée utile à conserver sous l’Empire (an XII), et les inscriptions latines rappellent son double rôle : résidence seigneuriale et forteresse. Les troubles huguenots locaux, comme la prise de Château-Gontier en 1568 ou l’exécution du « Diable de Bressault » en 1572, contextualisent les renforcements défensifs du château. Son puits, classé avec l’édifice, est une œuvre d’art à part entière, orné de colonnes et d’une coupole imbriquée.