Frise chronologique
1500-1520
Construction du château
Construction du château
1500-1520 (≈ 1510)
Bâti par Jean II et Jean III de Calvimont.
1605
Assassinat de Marguerite de Calvimont
Assassinat de Marguerite de Calvimont
1605 (≈ 1605)
Meurtre orchestré par François II d’Aubusson.
1680
Rachat par Marie de Hautefort
Rachat par Marie de Hautefort
1680 (≈ 1680)
Restauration et entretien jusqu’en 1691.
1805
Vente et démantèlement
Vente et démantèlement
1805 (≈ 1805)
Abandon et récupération des matériaux.
1927
Première inscription MH
Première inscription MH
1927 (≈ 1927)
Protection partielle des cheminées.
2022
Classement complet
Classement complet
2022 (≈ 2022)
Protection totale du site et vestiges.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château de l’Herm, en totalité, y compris les vestiges de sa chapelle et de son four, les anciennes douves du château, le chemin d’accès ainsi que le pont d’accès au château, avec le sol des parcelles d’implantation, situé sur les parcelles n° 22, 23 et 24, figurant au cadastre section AR, tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l'arrêté arrêté : classement par arrêté du 17 mars 2022
Personnages clés
| Jean II de Calvimont - Conseiller au parlement de Bordeaux |
Initiateur de la construction du château. |
| Jean III de Calvimont - Ambassadeur de François Ier |
Achève le château en 1520. |
| Marguerite de Calvimont - Dernière héritière des Calvimont |
Assassinée en 1605 pour son héritage. |
| Marie de Hautefort - Duchesse de Schomberg, favorite de Louis XIII |
Rachète et restaure le château en 1680. |
| François II d’Aubusson - Seigneur de Beauregard |
Auteur du meurtre de Marguerite de Calvimont. |
| Eugène Le Roy - Écrivain |
Inspiré par le château pour *Jacquou le Croquant*. |
Origine et histoire
Le château de l'Herm, situé à Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac en Dordogne, est construit entre 1500 et 1520 par Jean II de Calvimont, conseiller au parlement de Bordeaux, et son fils Jean III. Ce dernier, ambassadeur de François Ier, achève l’édifice, marqué par un corps de logis rectangulaire flanqué de trois tours, dont une tour-escalier polygonale. Le décor sculpté, notamment les cheminées gothiques flamboyantes, témoigne de son prestige. Le château est bâti sur un site occupé dès le XIe siècle, comme en attestent les fossés profonds et les vestiges d’une tour.
La seigneurie de l’Herm, initialement divisée entre plusieurs familles nobles comme les Chaumont et les La Roque, est consolidée par les Calvimont au début du XVIe siècle. Jean IV de Calvimont, dernier héritier mâle, meurt sans descendance en 1586, laissant le domaine à sa fille Marguerite. Celle-ci est assassinée en 1605 par son époux, François II d’Aubusson, dans un complot visant à s’emparer de ses biens. Ce meurtre déclenche une série de procès et de vengeances sanglantes entre les familles Aubusson, Hautefort et Calvimont, aboutissant à l’abandon progressif du château.
Au XVIIe siècle, Marie de Hautefort, dite « l’Aurore » et favorite de Louis XIII, rachète le château vers 1680 et en assure l’entretien jusqu’à sa mort en 1691. Les marquis de Hautefort, ses héritiers, maintiennent le domaine jusqu’à la Révolution, mais le château, hypothéqué et vendu en 1805, est méthodiquement démantelé pour ses matériaux. Il tombe en ruine et est abandonné en 1862, avant de devenir le cadre du roman Jacquou le Croquant d’Eugène Le Roy en 1899.
Classé monument historique en 2022 après une première inscription en 1927, le château est racheté en 1988 par Dominique et Marie Palué, qui entreprennent des fouilles et des travaux de restauration. Depuis 2020, une campagne majeure de restauration, soutenue par la Mission Patrimoine de Stéphane Bern, vise à redonner au château son aspect d’origine, avec une réouverture prévue en 2028. Les découvertes archéologiques ont révélé une enceinte circulaire antérieure, confirmant une occupation médiévale précoce du site.
L’architecture du château, bien que privées de sa toiture et de ses planchers pendant des siècles, conserve des éléments remarquables comme ses cheminées sculptées et son escalier en vis à voûte en palmier. Les douves, le pont d’accès et les vestiges de la chapelle et du four sont également protégés. Le site, symbole des luttes de pouvoir en Périgord, illustre l’évolution des seigneuries entre Moyen Âge et époque moderne, ainsi que les enjeux de préservation du patrimoine rural.
Devenir actuel
Aujourd'hui, ce site est ouvert à la visite. Il revit grâce à des travaux de protection, des recherches historiques, des pièces de théâtre et des concerts estivaux. Les fouilles archéologiques de ces dernières années ont révélé l'enceinte circulaire de bâtiments plus anciens, dont les actuels fossés en eau sont un vestige.