Origine et histoire du Château de l'Herm
Le château de l'Herm, situé à Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac (Dordogne), occupe un site antérieurement habité, comme en témoignent un pont et les vestiges d'une tour. La seigneurie, connue sous diverses graphies (L'Herm, Lherm, Lerm), apparaît dans les documents à la fin du XIVe siècle, avec des hommages rendus en 1384 ou 1394 puis en 1400 ; elle passe ensuite aux familles Cotet puis Foucauld de Lardimalie et fait l'objet d'un arrêt du parlement de Bordeaux en 1500. Jean de Calvimont, issu d'une famille récemment anoblie, rend hommage pour Lerm en janvier 1500 et ses descendants deviennent propriétaires de la seigneurie. Le château est édifié au début du XVIe siècle, entre 1500 et 1520, par Jean II de Calvimont et son fils Jean III ; il se compose d'un logis rectangulaire flanqué de trois tours. Jean III, personnage actif au parlement de Bordeaux, fut également ambassadeur de François Ier à Madrid en 1526. La lignée de Calvimont demeure propriétaire jusqu'en 1605, période marquée par des conflits et des meurtres autour de la transmission de la seigneurie, notamment l'assassinat de Marguerite de Calvimont en février 1605 et une série d'autres violences qui entraînent de nombreux procès. Après ces événements, le château est saisi par le roi en 1655 et abandonné par ses seigneurs. Vers 1680, Marie de Hautefort, duchesse de Schomberg, acquiert la seigneurie et confie son entretien ; des inventaires et états de réparations sont réalisés dans les années 1680. Les marquis de Hautefort conservent la propriété de 1691 à 1805 mais n'habitent pas le château ; l'entretien décline progressivement et, acculé par les dettes, Armand Charles Emmanuel de Hautefort vend ou hypothèque des parts du domaine à la fin du XVIIIe siècle. En mai 1805 la seigneurie est divisée et le château change de mains ; il est méthodiquement démonté au cours du XIXe siècle, perdant planchers, charpentes et toitures, et est décrit en ruine en 1830 ; il est finalement abandonné en 1862. Le site gagne une certaine notoriété littéraire lorsque le romancier Eugène Le Roy en fait le décor de Jacquou le Croquant, roman publié en 1899. Protégé partiellement dès 1927 contre le retrait de ses cheminées, le monument bénéficie de nouvelles protections au XXe et XXIe siècles, avec une inscription étendue en 2021 puis un classement en mars 2022 qui couvre l'ensemble du château, ses vestiges, ses douves et ses accès. À partir des années 1960, plusieurs propriétaires, dont un couple d'archéologues, entreprennent des travaux d'entretien, des fouilles et des études ; ces campagnes, prolongées par les propriétaires qui achètent le site en 1988, révèlent notamment une enceinte circulaire et confirment que les douves actuelles sont un vestige des installations plus anciennes. Après une mise en vente entamée en 2012, le château a été acquis en 2020 par Nicolas de Laage de Meux, qui a engagé une restauration avec l'architecte en chef des Monuments historiques Olivier Salmon ; les travaux, lancés en novembre 2020, devaient s'étendre sur six à sept ans. Les fouilles, les campagnes de protection et les animations culturelles ont permis de rouvrir le site au public par intermittence ; début 2024, le corps de logis a retrouvé ses planchers, menuiseries et parties hautes (chemin de ronde, charpente, toiture, lucarnes) et la restauration des trois tours est entreprise. Le château a été choisi en 2024 par la Mission patrimoine pour représenter la région Nouvelle-Aquitaine au loto du patrimoine.