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Château de l'Orgère dans l'Isère

Isère

Château de l'Orgère

    100 Rue Igor Stravinski
    38140 Rives

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1910
Héritage de Joseph Monin
8 mai 1911
Achat du terrain
1912
Construction du château
1914
Interruption des travaux
1924-1970
Accueil des réfugiés russes
26 mars 1984
Achat par la commune
2013
Exposition photographique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Joseph-Georges-Louis Monin - Commanditaire et premier propriétaire Négociant en bois, ruiné en 1918.
Joseph-Pierre Monin - Oncle et légataire Ingénieur civil des Mines à Paris.
Constantin Sémionovitch Melnik - Représentant des réfugiés russes Négocia leur installation en 1924.
Robert Kleber - Propriétaire (société BFK) Accueillit les Russes dans le château.
Marie Thérèse Poncet - Historienne locale Sauva le château en 1974.
André Moussine Pouchkine - Organisateur d'exposition Exposition sur les Russes en 2013.

Origine et histoire

Le château de l'Orgère fut édifié entre 1909 et 1912 par Joseph Monin, négociant en bois devenu riche grâce à un héritage de 3 millions de francs-or. Inspiré par l’ambition de rejoindre la bourgeoisie industrielle de Rives, il acheta deux hectares de terrain (anciens champs d’orge) et confia les travaux à des entreprises locales, sauf pour les sculptures réalisées en Ardèche. La construction, interrompue en 1914 par la Première Guerre mondiale, laissa le château inachevé, pillé de son chauffage central et des finitions manquantes.

L’architecture du château, conçue par Olgiati, mêle une tour ronde offrant une vue panoramique sur Rives et les montagnes environnantes, des fondations en pierre blanche de l’Échaillon, et une charpente en bois signée Marius Favre. Le bâtiment compte quatre niveaux : un rez-de-jardin avec une chapelle orthodoxe et un dortoir pour les Russes, un rez-de-chaussée dédié aux salles communes, et des étages réservés aux logements familiaux ou individuels. Les grilles et serrureries furent réalisées par les Établissements Barnier.

De 1924 à 1970, le château abritera plus de 400 Russes fuyant la révolution de 1917, dont des militaires de l’Armée blanche, des étudiants et des familles. Ces réfugiés, souvent employés dans les papeteries BFK (propriétaire des lieux après la ruine de Monin), y vécurent en autarcie, créant une bibliothèque et une chapelle orthodoxe dans les sous-sols. Leur présence marqua durablement l’histoire locale, avec des entraînements militaires dans le parc et le port d’uniformes en ville, toléré exceptionnellement en France.

Après le départ des Russes dans les années 1970, le château, racheté par la commune de Rives en 1984 pour 1,6 million de francs, fut progressivement abandonné. Le parc, ouvert au public, accueille aujourd’hui des annexes de la mairie. En 2013, une exposition photographique y retraça la vie des réfugiés russes, tandis que l’accès au château reste interdit en raison de son état de dégradation.

La préservation du site fut en partie sauvée en 1974 grâce à une lettre publiée dans Le Dauphiné Libéré par Marie Thérèse Poncet, plaidant pour son acquisition par la commune. Malgré des tentatives de démantèlement, le parc fut épargné et réaménagé, perdant ses sapins mais gagnant un centre médico-social. Le château, scellé, reste un symbole de l’histoire migratoire et industrielle de Rives.

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