Origine et histoire
Le château de la Barde est implanté sur un site occupé depuis des siècles, bien que les données précises sur son histoire avant le XVIIIe siècle soient rares. Situé dans la commune de Saint-Sulpice-le-Dunois (Creuse), il domine la vallée de la Creuse et a appartenu à plusieurs familles nobles, dont les Villars, les La Celle, et les Bertrand. Son architecture actuelle résulterait probablement d’une reconstruction initiée au début du XIXe siècle par Léon Jean Marie Merle de la Brugière, héritier d’une lignée de seigneurs locaux.
En 1460, Innocent de Villars est cité comme seigneur de la Barde, impliqué dans des conflits liés à la construction d’un moulin. Au XVIe siècle, la seigneurie passe entre les mains des La Celle, notamment Gabriel de la Celle en 1530, puis Fiacre de la Celle en 1572. Les Bertrand, comme Yves en 1643 et Aimé en 1665, en deviennent ensuite propriétaires, avant que Gabriel Bertrand ne le transmette en 1725 à Gabriel Valery de Saint-Julien.
Au XVIIIe siècle, la seigneurie est acquise par les frères Merle de la Brugière en 1783, dont Léonard François, seul à avoir une descendance, hérite du domaine. Son fils, Léon Jean Marie, officier de cavalerie, aurait fait ériger le château dans sa forme actuelle. La propriété reste dans la famille jusqu’en 1920, passant par des alliances matrimoniales (Fénieux de Saint-Priest, Puynesge), avant d’être vendue à Marguerite May, puis à Marc Vinet en 1961. Aujourd’hui, le château reste une propriété privée.
Les archives révèlent que le château, décrit en 1711 comme un simple pavillon avec salle basse et grenier, s’enrichit progressivement de dépendances (grange, écurie, moulin). Son rôle économique local, lié à l’exploitation agricole et meunière, transparaît à travers les conflits mentionnés, comme celui opposant Innocent de Villars à Catherine de la Trémoille en 1484 pour la construction d’un moulin concurrent.
La période révolutionnaire épargne le domaine, malgré l’émigration de ses propriétaires, les Merle de la Brugière. La transmission familiale se poursuit au XIXe siècle avec Zulma Merle de la Brugière, qui épouse Joseph de Fénieux de Saint-Priest. Leur fille Élisabeth, épouse Puynesge, perpétue la lignée jusqu’à la vente de 1920, marquant la fin de l’ère seigneuriale du château.
Aucune information précise ne permet de dater la construction initiale du château, mais son évolution architecturale et ses changements de propriétaires reflètent les dynamiques sociales et économiques de la noblesse limousine, entre Moyen Âge tardif et époque moderne.