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Château de la Bâtisse dans le Puy-de-Dôme

Château de la Bâtisse

    La Bâtisse
    63450 Puy-Guillaume
Propriété privée
Crédit photo : Daftintin76 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Première mention du fief
1308
Première attestation écrite
XIIIe siècle
Construction de la tour de défense
1569
Abandon du château
1622
Rachat par Claude Roussel
1633
Ajout des calottes à lanternon
fin XVIIe siècle
Transformation en demeure de plaisance
1970 et 1997
Classement monument historique
2022
Classement en totalité
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château de la Batisse en totalité, avec les bâtiments et mur d'enceinte entourés de douves, le pigeonnier-porche, le pigeonnier circulaire et le terrain d'assiette de la parcelle avec ses murs de clôture, situé sur les parcelles n° 962, 963, 965, 966, 1489, 1490 et 1491figurant au cadastre section A : inscription par arrêté du 20 juillet 2022

Personnages clés

Gérard d'Aultier - Écuyer et premier propriétaire attesté Possesseur du domaine en 1308.
Famille de La Volpilhière - Propriétaires jusqu'en 1569 Dernier héritier se suicida, causant l'abandon.
Cardinal de Richelieu - Responsable du démantèlement Ordonna la destruction partielle en 1622.
Claude Roussel - Propriétaire et rénovateur (1622) Acheta le château, modifia les tours.
Jean Girard (de Chasteauneuf) - Secrétaire du Roy, propriétaire en 1693 Transforma le château en résidence.
Famille Arnoux de Maison Rouge - Ancien propriétaire (jusqu'en 2017) Dernière famille noble propriétaire.
Jean-Yves Berthon et Vincent Salesse - Propriétaires actuels (depuis 2021) Achetèrent le domaine aux Arnoux.

Origine et histoire

Le château de la Bâtisse, situé à Chanonat dans le Puy-de-Dôme, trouve ses origines au XIIe siècle avec une première mention du fief. Une tour de défense fut construite au XIIIe siècle pour renforcer la ceinture défensive sud de Clermont-Ferrand, en lien avec d'autres fortifications locales comme le château du Crest. Au XIVe siècle, trois tours supplémentaires furent ajoutées et reliées par des bâtiments, formant un véritable château fort. Sa position dans la vallée de l'Auzon lui permettait surtout de prévenir les attaques.

En 1308, le domaine appartenait à l'écuyer Gérard d'Aultier, avant de passer à la famille de La Volpilhière jusqu'en 1569. Après le suicide du dernier héritier, le château resta abandonné pendant 60 ans. En 1622, Claude Roussel en devint propriétaire et entreprit des modifications majeures : les murs d'enceinte et une tour furent rasés sur ordre du cardinal de Richelieu, qui démantelait les places fortes d'Auvergne. Roussel coiffa les tours restantes de calottes à lanternon vers 1633, et le château fut restauré en demeure de plaisance à la fin du XVIIe siècle, avec un jardin à la française en terrasses.

Les jardins, s'étendant sur 9 hectares, furent dessinés par l'école d'André Le Nôtre et sont aujourd'hui les plus grands jardins à la française du Puy-de-Dôme. Classés Jardin remarquable, ils intègrent un système hydraulique complexe utilisant les eaux de l'Auzon, avec un barrage et un canal alimentant des bassins par gravité. Ce système fait de la Bâtisse le seul véritable jardin d'eau du Massif central. Le château et ses dépendances, dont un pigeonnier-porche du XVIe siècle orné de graffitis, furent classés monuments historiques en 1970, 1997, puis en totalité en 2022.

Le domaine changea plusieurs fois de mains : acquis en 1693 par Jean Girard, Secrétaire du Roy, qui prit le nom de Girard de Chasteauneuf, il passa ensuite à la famille Arnoux de Maison Rouge. En 2021, il fut vendu à Jean-Yves Berthon et Vincent Salesse. Les bâtiments, en moellons de granite et pierre de taille, reflètent des campagnes de construction du XVIe au XIXe siècle, avec des ajouts comme une aile sud-ouest édifiée entre 1794 et 1835. Les dépendances, partiellement reconstruites au XXe siècle, complètent cet ensemble historique.

Architecturalement, le château présente un plan en L avec une cour intérieure et une galerie en étage ajoutée au XVIIe ou XVIIIe siècle. Trois tours rondes flanquent les façades est et sud, tandis que le pigeonnier-porche, typique de la Limagne, repose sur quatre poteaux en bois avec des pans garnis de croix de Saint-André. La pièce basse du pigeonnier conserve des dessins pouvant dater du XVIe siècle. Malgré les transformations, le site conserve des traces de son rôle défensif initial, tout en illustrant l'évolution des résidences aristocratiques en Auvergne.

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