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Château de la Bouverie en Mayenne

Mayenne

Château de la Bouverie

    6 Route de Loiron
    53410 Olivet

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1604
Achèvement du manoir
1622
Vente à Marquis Périer
1793
Vente comme bien national
1968
Classement partiel
2019
Nouvelle ouverture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Martin de Rupierre - Seigneur de Mardilly et commanditaire Fait construire le manoir en 1604.
Marquis Périer - Premier acquéreur en 1622 Écuyer achetant le manoir à Martin de Rupierre.
François Brière - Acquéreur révolutionnaire Curé achetant la Bouverie comme bien national.
René Pottier et Marie Grandin - Sauveurs du manoir (1928) Restaurent le logis après des décennies d'abandon.
Famille Dangelzer - Propriétaires restaurateurs (1973) Entreprennent des travaux majeurs sur les toits.

Origine et histoire

Le manoir de la Bouverie, situé à Mardilly dans le département de l'Orne en Normandie, est une demeure du début du XVIIe siècle, construite en 1604 sous le règne d'Henri IV. Ce château de style Henri IV, caractérisé par ses quatre poivrières d'angle et ses façades en briques et pierres de grès ocre (appelé roussier), remplace une ancienne place forte. Son élégance provient de la symétrie parfaite de sa façade principale, rythmée par des fenêtres et des baies aveugles ornées de linteaux droits et d'allèges à écoinçons. Martin de Rupierre, seigneur de Mardilly, en est le commanditaire, s'inspirant des grandes demeures rencontrées lors de ses voyages.

La construction du manoir, bien que modeste en taille, utilise des matériaux nobles et coûteux, conduisant Martin de Rupierre à aliéner une partie de ses terres malgré la dot importante de son épouse, Catherine de Hudebert. Le manoir passe ensuite entre les mains de plusieurs familles, dont les Périer et les Maurey, qui n'y résident pas mais en conservent l'usage. À la Révolution, le château, confisqué comme bien national, est vendu en 1793 sous le nom de manoir de la Bouverie, après avoir perdu son titre de château de Mardilly. Il est alors rattaché à une ferme voisine et démembré en plusieurs lots.

Au XIXe et XXe siècles, le manoir change plusieurs fois de propriétaires, dont les familles Fressonnel, Rault, et Pottier. En 1918, Joseph Michel Pottier l'achète pour 41 000 francs, et son frère René François, installé en 1928 avec son épouse Marie Grandin, sauve le logis de la ruine après des décennies d'abandon. La famille Dangelzer, propriétaire à partir de 1973, entreprend d'importants travaux de restauration, notamment sur les toits, redonnant au monument sa splendeur d'antan. Depuis 2019, un nouveau propriétaire organise des manifestations et ouvre le manoir au public.

Architecturalement, le manoir se distingue par son corps de logis rectangulaire à deux niveaux, flanqué de quatre tourelles cylindriques en encorbellement coiffées de toits campaniformes en ardoise. La façade principale, orientée à l'est, présente une ordonnance régulière avec des fenêtres alignées sur un bandeau, des allèges en briques rosées, et un perron menant à une porte encadrée de bossages. Le comble, percé de trois lucarnes à frontons triangulaires, repose sur une corniche à consoles évoquant un mâchicoulis. À l'arrière, un fossé en eau rappelle les anciennes douves entourant la motte féodale.

Le domaine inclut des dépendances comme une grange, un lavoir et une boulangerie, bien que d'autres éléments cadastrés en 1850 aient disparu. Le moulin voisin, situé sur un bras de la Touques, n'appartient pas à la propriété mais aux Comtat de Gacé. Classé partiellement aux monuments historiques depuis 1968 pour ses façades et toitures, le manoir de la Bouverie témoigne de l'histoire normande, des conflits de la Ligue aux bouleversements révolutionnaires, en passant par sa résilience grâce à des propriétaires dévoués.

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