Origine et histoire
Le château de la Bretauche est un monument français implanté à Chécy, dans le département du Loiret, en région Centre-Val de Loire. Bien que situé sur la limite communale avec Boigny-sur-Bionne, il appartient administrativement à Chécy et s’inscrit dans le paysage naturel du Val de Loire. Son architecture actuelle résulte d’une reconstruction majeure au XVIIIe siècle, succédant à une première construction présumée vers le XVe siècle, bien que cette datation initiale reste incertaine.
En 1880, le marquis de Saint-Paul, alors propriétaire des lieux, transforme une partie du domaine en un orphelinat-école, confié par la suite à la Communauté des Sœurs de la Visitation de Chécy. Ce changement de vocation reflète les mutations sociales de l’époque, où les élites locales s’impliquent dans des œuvres caritatives ou éducatives. Le château, aujourd’hui divisé en appartements privés, conserve un plan historique daté de 1772, archivé par le département du Loiret, témoignant de son évolution architecturale et foncière.
Le domaine est évoqué dans la littérature du XIXe siècle, notamment dans Les aventures du capitaine La Palisse (1880) de Pierre Alexis de Ponson du Terrail. L’auteur y décrit le parc de la Bretauche comme « le plus ombreux et le plus beau du monde », soulignant son prestige paysager. Malgré cette notoriété culturelle, le château n’est pas accessible au public, son usage résidentiel actuel interdisant toute visite.
Plusieurs personnalités ont marqué l’histoire du château, dont Daniel-François Legrande de Melleray, intendant des finances du duc d’Orléans pendant la Régence (1715–1723), bien que cette attribution reste à confirmer. Au XIXe siècle, Pierre Sébastien Daniel Espivent de La Villesboinet (1830) puis Charles Le Ray de Chaumont, marquis de Saint-Paul (1885), en deviennent propriétaires successifs, avant sa transmission à la Communauté des Sœurs de la Visitation jusqu’en 1970. Ces changements de mains illustrent les dynamiques patrimoniales et religieuses de la région.
Architecturalement, le château se distingue par son pavillon central encadré de deux ailes en retrait, typique des reconstructions du XVIIIe siècle. Le service des archives départementales conserve des documents précieux, comme un plan de 1772, qui éclairent son organisation spatiale passée. Aujourd’hui, son statut de propriété privée et son morcellement en logements en font un témoignage discret, mais significatif, du patrimoine castrale orléanais.