Patrimoine classé
Les parties suivantes du château de la Briantais, à savoir : le logis en totalité ; le pavillon de la porterie, la maison dite du régisseur et le bâtiment néo-normand de l’ancienne ferme pour leurs façades et toitures ; les autres bâtiments de l’ancienne ferme (grange, cidrerie, vestiges du chenil) en totalité ; l’ancienne chapelle en totalité ; les ruines de l’ancien logis et de ses communs en totalité l’ancienne maison de Mon-Plaisir en totalité ; le parc clos et non clos pour son sol d’assiette, ses allées, chemins et éléments architecturés (fabriques, terrasses, balcons, murs, portes, porte d’eau, fontaines, bassins, statuaire, etc.), à l’exception du parking et de l’espace de jeux ; l’ancien potager pour son sol d’assiette et ses murs. Cet ensemble figure au cadastre section AX parcelles n° 1, 3 à 5, 8 à 10, 16 à 22, 26 à 30, 49 à 54, 62, 65 à 73, 75 à 86, 88 à 103, 106, 114 à 145, 162, suivant le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 12 septembre 2022
Personnages clés
| Jacques Pointel - Armateur malouin |
Commanditaire du manoir en 1666. |
| Eugène Sully-Brunet - Propriétaire et bâtisseur |
Fait construire le château (1850-1864). |
| Charles Émile La Chambre - Propriétaire (1888) |
Agrandit le château avant 1900. |
| Guy La Chambre - Ancien ministre et maire |
Lègue le domaine en 1975. |
Origine et histoire
Le château de la Briantais trouve ses origines au XVIIe siècle, lorsque la famille Pointel, des armateurs malouins, acquiert le domaine pour surveiller leur flotte dans la baie de Saint-Malo. En 1666, Jacques Pointel y fait construire un manoir, dont les ruines subsistent aujourd’hui. Le domaine change plusieurs fois de mains au XVIIIe siècle, passant notamment aux familles Picot de Prémesnil et Collar, avant d’être confisqué pendant la Révolution française.
En 1818, le domaine est racheté par la famille Périer de Hauterive, puis par Eugène Sully-Brunet en 1850. Ce dernier fait ériger entre 1850 et 1864 le château actuel, remplaçant l’ancien manoir tout en conservant un clocheton inspiré de l’hôtel de ville de Saint-Malo. Le parc à l’anglaise, aménagé sur 27 hectares, est doté de fabriques comme une chapelle (1778) et un temple de l’Amour, offrant une vue imprenable sur l’estuaire de la Rance.
Acquis en 1888 par Charles Émile La Chambre, le château est agrandi avec deux ailes latérales avant 1900. En 1975, Guy La Chambre, ancien ministre et maire de Saint-Malo, lègue le domaine à l’Association diocésaine de Rennes, qui le cède en 1999 à la Ville de Saint-Malo. Depuis, le château et son parc accueillent des événements culturels (concerts, expositions) et le marché aux fleurs annuel en mai. Classé monument historique en septembre 2022, il conserve ses décors intérieurs d’origine et ses dépendances néo-normandes.
Le site comprend également les ruines du manoir du XVIIe siècle, une ancienne ferme avec cidrerie et grange, ainsi qu’un potager historique. Le parc, ouvert au public, est un lieu de promenade prisé, avec des statues, des fontaines et des terrasses offrant des perspectives sur Saint-Malo, Dinard et l’usine marémotrice de la Rance. Son histoire reflète l’évolution des élites malouines, des armateurs du XVIIe siècle aux familles bourgeoises du XIXe siècle.
La protection au titre des monuments historiques, obtenue en 2022, couvre le logis, les dépendances (porterie, régie, ferme), l’ancienne chapelle, les ruines du manoir originel, et l’intégralité du parc avec ses fabriques. Le château reste un symbole du patrimoine architectural et paysager de la Bretagne, mêlant héritage maritime, histoire locale et cadre naturel exceptionnel.