Origine et histoire du Château de la Bussière
Le château de la Bussière, situé à Saint-Marcel-l'Éclairé, trouve ses origines au XVIe siècle avec une maison forte appelée Grange Deï, agrandie et surmontée d’un belvédère. Au début du XVIIIe siècle, cette maison forte est remplacée par une maison des champs construite par la famille Gayot-Mascrany de la Bussière, qui embellit les jardins avec des fontaines et érige un colombier. Les bâtiments actuels, en forme de « L », conservent une façade ouest de style Renaissance, tandis que les décors intérieurs, datant de la fin du XVIIIe siècle, restent d’une grande authenticité.
La Grange Deï, habitée au XVIe siècle par un drapier lyonnais, est transformée grâce à l’intervention de François Ier, qui récompense Constance Deï, épouse du drapier, pour un service rendu. En 1650, Mathieu Durand et son épouse Anne Royet acquièrent la propriété et l’agrandissent. Leur fille, Andrée, épouse Lambert Rouvière en 1712, et le domaine est revendu aux chanoines de Saint-Paul. En 1738, Jeanne Marie Rouvière, fille d’Andrée, épouse Paul I Gayot Mascranny de la Bussière, apportant la Grange Dei en dot, qui prend alors le nom de château de la Bussière.
Durant la Révolution, le château est épargné grâce à la popularité de Paul II Gayot Mascranny auprès des habitants d’Oullins, qui le libèrent et protègent le domaine. Au XIXe siècle, après la mort d’Amélie Gayot Mascranny en 1889, dernière héritière sans descendance, le château cesse d’être habité. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert de refuge aux habitants du quartier. En 1953, les lieux sont transformés en fabrique de luminaires, avant d’être rachetés en 1999 par le Grand Lyon, puis cédés à la commune d’Oullins.
Depuis 1997, certaines parties du château (façades, toitures, jardins, et décors intérieurs) sont classées Monument Historique. En 2017, la ville d’Oullins lance un projet de réhabilitation pour y créer des logements et une salle municipale, tout en aménageant un jardin médiéval devant le château. Les travaux visent à préserver ce patrimoine Renaissance, marqué par l’histoire des familles lyonnaises et l’évolution industrielle de la région.
Les armoiries des familles Gayot, Mascrany et Gueston, associées au château, reflètent leur noblesse et leur influence. La famille Gayot, notamment, est l’une des premières à avoir introduit l’industrie de la soie à Lyon. Le château, aujourd’hui en cours de rénovation, incarne ainsi plusieurs siècles d’histoire locale, mêlant architecture, économie et vie sociale.