Origine et histoire
Le château de La Bussière, situé dans le Loiret, s’élève au bord d’un vaste étang qui a longtemps servi de vivier pour la seigneurie. Le plus ancien propriétaire connu est Étienne de Feins, cité en 1204, et la forme générale du plan du château, avec ses tours aux quatre angles, renvoie à son organisation médiévale. Le corps de logis, d’origine médiévale, a été reconstruit vers le milieu du XVIe siècle ; de cette campagne subsistent les trois premiers niveaux du châtelet d’entrée. Les destructions provoquées par les Protestants pendant les guerres de Religion entraînèrent une nouvelle campagne de travaux vers 1600 portant à la fois sur l’habitation et les communs. Sous la famille du Tillet, aux XVIe et XVIIe siècles, les principaux bâtiments furent remaniés et les communs reconstruits ; Jean II du Tillet rassembla et agrandit les terres, créant un parc d’environ 60 hectares. Pour faire face aux progrès de l’artillerie, des aménagements défensifs furent réalisés à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance : murs épaissis, voûtes maçonnées et ouvertures de tir subsistent sur certains vestiges. Au début du XVIIIe siècle, une façade du corps de logis fut transformée et deux pavillons d’entrée, assortis d’une grille, marquèrent l’accès au jardin. Le parc fut réorganisé et l’étang recreusé et régularisé sur un plan rectangulaire d’environ six hectares, tandis que des allées rectilignes dessinaient la perspective du domaine. Le XIXe siècle apporta d’importantes transformations intérieures et l’adjonction d’un bâtiment côté étang accueillant lingerie, véranda, vestibule et salon de billard ; les douves entourant les communs furent asséchées. La tour dite Alphonse fut élevée en 1853–1854 par l’architecte Pacault, et des travaux de restauration et de décoration furent conduits au cours du siècle par l’architecte Arthur Froelicher. En 1912, René-Édouard André intervint pour réaménager le parc et le potager, remplaçant le jardin à l’anglaise par une composition à la française plus strictement cadrée. La famille de Chasseval acquit le domaine au début du XIXe siècle et le conserva pendant plus d’un siècle, en réalisant successifs aménagements et restaurations. Henri et Geneviève de Chasseval ouvrirent le château au public le 22 avril 1962, y installèrent une importante collection consacrée à la pêche en eau douce et aménagèrent des aquariums dans les caves. Le musée présente l’évolution des pratiques et du matériel de pêche — cannes, moulinets, appâts et mouches artificielles — ainsi que des objets ethnographiques et artistiques liés au poisson. Parmi les pièces remarquables figure un cœlacanthe conservé depuis sa capture en 1976, exposé en aquarium de formol, ainsi que des fossiles et de nombreuses représentations du poisson dans l’art. La collection comprend également estampes japonaises, hameçons océaniens, vitrines des Expositions universelles et pièces inspirées par Bernard Palissy. Le potager, organisé selon un plan caractéristique du XVIIIe siècle en six grands carrés autour d’une allée centrale bordée d’arbres palissés, conserve des serres du XIXe siècle et des aménagements contemporains ; il est entretenu par une équipe permanente et a reçu le label Jardin remarquable en 2004. Des essais de permaculture ont été lancés en 2014 pour diversifier les modes de culture. Après 2012, les propriétaires Bertrand et Laure Bommelaer ont entrepris des travaux de restauration des toitures et charpentes, soutenus par des aides publiques et des mécénats privés. Le château est inscrit aux Monuments historiques depuis 1993 et classé depuis 1995. Aujourd’hui le site associe la visite du château et de ses collections sur la pêche, la promenade dans le parc et le potager, des salles de réception et des chambres d’hôtes aménagées dans les bâtiments.