13100 Aix-en-Provence, 1330 Chemin du Château de la Calade
Frise chronologique
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1454
Pavage de la route royale
Pavage de la route royale 1454 (≈ 1454)
Création de la *calade* pour stabiliser la voie.
1632–1653
Construction du château
Construction du château 1632–1653 (≈ 1643)
Actes notariés attestant les travaux pour Jérôme de Duranti.
1800–1804
Papiers peints panoramiques
Papiers peints panoramiques 1800–1804 (≈ 1802)
Ajout des décors *jardins de Bagatelle* (manufacture Dufour).
2011
Inscription MH partielle
Inscription MH partielle 2011 (≈ 2011)
Protection du château et du parc subsistant.
2015
Classement MH
Classement MH 2015 (≈ 2015)
Classement du château (hors dépendances et parc).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château en totalité, ainsi que les façades et toitures de ses deux ailes de communs et les parties subsistantes du parc historique telles qu'elles figurent au plan annexé à l'arrêté (cad. MS 90, lieudit La Calade) : inscription par arrêté du 25 mai 2011
Personnages clés
Jérôme de Duranti (ou Duranti de la Calade) - Conseiller à la cour des comptes de Provence
Commanditaire et premier propriétaire du château (1632).
Pierre-Antoine Mougin - Peintre et dessinateur
Auteur des dessins des papiers peints (1800–1804).
Origine et histoire du Château de la Calade
Le château de la Calade, situé à Puyricard (commune d’Aix-en-Provence), fut édifié à partir de 1632 sur les bords de la Touloubre pour Jérôme de Duranti, conseiller à la cour des comptes de Provence. Son architecture, inspirée du XVIe siècle plutôt que du XVIIe, se distingue par une cage d’escalier ornée de gypseries et des décors empruntés aux hôtels particuliers aixois. À l’origine doté de quatre tours, deux furent détruites pendant la Révolution française. Le site tire son nom d’un ancien pavage (calade) réalisé en 1454 pour stabiliser la route royale voisine, alors sujette aux inondations.
Au début du Premier Empire, le château s’enrichit de papiers peints panoramiques, dont un représentant les jardins de Bagatelle (1800–1804), considéré comme le premier exemple français du genre. Produit par la manufacture Dufour, ce décor s’inspire des gravures de Debucourt et de dessins de Pierre-Antoine Mougin. La grande chambre du premier étage abrite quant à elle un trompe-l’œil de draperies. Ces ajouts reflètent l’évolution des goûts aristocratiques entre maniérisme et néoclassicisme.
Classé monument historique en 2015 (après une inscription partielle en 2011), le château inclut dans sa protection les façades des communs et les vestiges de son parc. Propriété privée, il illustre l’héritage architectural provençal, mêlant utilité défensive (pont et route pavée) et esthétique résidentielle. Son histoire documente aussi les transformations sociales, de la noblesse de robe (Duranti) aux bouleversements révolutionnaires.
Les actes notariés (1632–1653) attestent de sa construction en deux décennies, tandis que les décors intérieurs — gypseries, papiers peints et trompe-l’œil — témoignent d’influences artistiques variées, d’Aix-en-Provence à Paris. Le lieu-dit La Calade perpétue quant à lui la mémoire d’un aménagement routier médiéval, symbole des défis posés par le territoire marécageux.