Frise chronologique
1616
Construction du corps central
Construction du corps central
1616 (≈ 1616)
Vente du monastère, édification première bâtisse.
1748-1750
Acquisition par la marquise de Pompadour
Acquisition par la marquise de Pompadour
1748-1750 (≈ 1749)
Embellissements et réceptions de Louis XV.
1776-1804
Transformation des jardins
Transformation des jardins
1776-1804 (≈ 1790)
Passage des parterres à un parc paysager.
1844-1855
Ère Pescatore
Ère Pescatore
1844-1855 (≈ 1850)
Orangerie, serres, allée des arbres étrangers.
1951
Légation au ministère des Affaires étrangères
Légation au ministère des Affaires étrangères
1951 (≈ 1951)
Donation sous conditions par les Dutreux.
1958
Rédaction de la Constitution de la Ve République
Rédaction de la Constitution de la Ve République
1958 (≈ 1958)
Travaux de Michel Debré et son équipe.
1978
Classement monument historique
Classement monument historique
1978 (≈ 1978)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures du corps central (cad. AK 3) : classement par arrêté du 14 février 1978 - Les façades et toitures des deux pavillons latéraux en retour ; les pièces du rez-de-chaussée avec leur décor (cad. AK 3) : inscription par arrêté du 14 février 1978
Personnages clés
| Marquise de Pompadour - Propriétaire (1748-1750) |
Y reçoit Louis XV, embellit le château. |
| Jean-Pierre Pescatore - Propriétaire (1844-1855) |
Crée l’orangerie et l’allée des arbres. |
| Jean-Marie Morel - Paysagiste |
Transforme les jardins en parc paysager. |
| Auguste et Suzanne Dutreux - Derniers propriétaires privés |
Lèguent le château à l’État en 1951. |
| Michel Debré - Rédacteur de la Constitution de 1958 |
Y travaille sur la Ve République. |
| Charles de Gaulle - Président du Conseil (1958) |
Ordonne la rédaction constitutionnelle sur place. |
Origine et histoire
Le château de La Celle, initialement un monastère composé d’un corps de ferme et de bâtiments monastiques, est revendu en 1616. Une première bâtisse, noyau central de l’actuel château, est alors construite. Le site change plusieurs fois de mains avant d’être acquis par le duc de La Rochefoucauld sous Louis XIV, qui en achève la construction. En 1748, la marquise de Pompadour l’achète pour en faire un lieu de détente et y reçoit Louis XV. Elle y ajoute des embellissements et supervise depuis La Celle les travaux de son château de Bellevue à Meudon.
En 1750, le fermier général Jacques-Jérémie Roussel de Rocquencourt rachète le domaine et l’agrandit significativement, notamment avec le pavillon et l’aile nord, lui donnant sa configuration actuelle. De 1776 à 1804, Louis Pierre Parat de Chalandray transforme les jardins à la française en un parc paysager, avec l’aide de Jean-Marie Morel. Le vicomte Morel de Vindé en devient propriétaire en 1804 et y reçoit Louis XVIII, tout en y élevant un troupeau de mérinos réputé.
En 1844, l’homme d’affaires luxembourgeois Jean-Pierre Pescatore acquiert le château et embellit le parc avec les frères Bühler, créant l’Allée des arbres étrangers et construisant une orangerie, des serres pour ses orchidées rares, et un manège couvert. Napoléon III et l’impératrice Eugénie y sont reçus à deux reprises. À sa mort en 1855, un litige successoral éclate, et le domaine reste dans la famille Dutreux pendant plus d’un siècle. En 1870, un obus endommage l’orangerie pendant la guerre franco-prussienne, détruisant les collections exotiques.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg s’y réfugie en 1940 avant l’occupation allemande. Libéré en 1944, le château est légué en 1951 au ministère des Affaires étrangères sous conditions strictes d’usage, par Auguste et Suzanne Dutreux. Il devient un lieu de rencontres diplomatiques, accueillant des sommets internationaux comme les accords d’indépendance du Maroc (1955) ou la conférence sur le G5 Sahel (2017). Classé monument historique en 1978, son parc est protégé depuis 1985.
Le château a également joué un rôle politique majeur : en 1958, Charles de Gaulle y fait rédiger l’avant-projet de la Constitution de la Ve République par Michel Debré et son équipe. Depuis, il sert de cadre à des réunions ministérielles et des réceptions officielles, tout en conservant son parc historique et son orangerie restaurée en 2013.