Origine et histoire du Château de La Chapelle-Bertrand
Le château de La Chapelle-Bertrand, érigé durant la seconde moitié du XVe siècle, incarne l’architecture militaire et seigneuriale de cette époque. Sa façade, flanquée de deux tours rondes et d’une tour polygonale à fenêtre à gables, révèle des éléments défensifs et résidentiels typiques. Une porte en arc brisé, surmontée d’un blason, donne accès à un escalier en colimaçon desservant des salles aux cheminées monumentales. L’ensemble, partiellement effondré (tour nord-est en 1998), fut inscrit à l’ISMH en 1929 puis classé en 1991, avant que ses abords et communs ne soient protégés en 2004.
Le domaine, initialement lié à la famille Normandin (XIVe siècle), passa aux Escoubleau de Sourdis en 1549 via le mariage de Madeleine de Melun avec François d’Escoubleau. Le château changea ensuite de mains à plusieurs reprises : vendu en 1776 aux Poignand de Lorgère, il échoit par héritage aux d’Aubéri au XIXe siècle, puis au comte de La Bérurière de Saint-Laon en 1967. Acquis en 2001 par M. et Mme Joël Will, il fait depuis l’objet de restaurations et d’ouvertures au public, avec une première édition en août 2002.
Le château s’inscrit dans un ensemble seigneurial complet, incluant une cour fermée par des murs, des communs du XVe siècle (écuries, boulangerie), et des dépendances ultérieures comme une porcherie du XIXe. Son porche d’entrée, intégré à une tour carrée, et son jardin historique témoignent de son évolution au fil des siècles. La tour nord-est, effondrée, rappelle les défis de sa préservation, tandis que son classement et les travaux en cours soulignent son importance patrimoniale.
L’histoire du château est aussi liée à des figures locales marquantes : Alphonse d’Aubéri, chevau-léger de Louis XVIII lors de son exil à Gand (1815), participa à la chouannerie aux côtés de Louis de La Rochejaquelein. La dernière héritière, Louise-Radegonde d’Aubéri, légua le domaine en 1967 après des dons à des institutions religieuses, scellant son destin moderne.
Architecturalement, le château se distingue par ses fenêtres à meneaux protégées par des grilles de fer, son escalier en colimaçon, et ses salles voûtées. Les tours rondes aux extrémités de la façade, typiques des forteresses de la fin du Moyen Âge, contrastent avec la tour polygonale centrale, plus ornée. L’ensemble, bien que fragilisé, reste un témoignage rare de l’art de bâtir entre XVe et XVIe siècles en Poitou.
Depuis 2001, les propriétaires actuels œuvrent à sa restauration et à son ouverture au public, avec pour objectif de valoriser ce patrimoine. Les travaux, engagés depuis septembre 2002, visent à stabiliser les structures et à rendre accessible un monument où se mêlent histoire seigneuriale, architecture défensive et vie rurale, dans un cadre préservé de la Nouvelle-Aquitaine.