Frise chronologique
début XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
début XIIIe siècle (≈ 1304)
Forteresse bâtie par Helias Fulcherius de Chabans.
1369
Destruction par le Prince Noir
Destruction par le Prince Noir
1369 (≈ 1369)
Château et village ravagés pendant la guerre de Cent Ans.
1485
Reconstruction
Reconstruction
1485 (≈ 1485)
Rebâti avec l'église Notre-Dame-de-l'Assomption.
1569
Massacre de paysans
Massacre de paysans
1569 (≈ 1569)
260 catholiques tués par des huguenots de Coligny.
1653
Siège et reprise
Siège et reprise
1653 (≈ 1653)
Marquis de Chabans reprend son château aux frondistes.
1916
Incendie
Incendie
1916 (≈ 1916)
Foudre détruit les toitures, non restaurées.
2001
Protection patrimoniale
Protection patrimoniale
2001 (≈ 2001)
Classement et inscription aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château, le châtelet, les dépendances, les terrasses, le pigeonnier (cad. A 1365, 1366, 1350) : inscription par arrêté du 13 février 2001 - Le corps de logis ancien et les deux tours rondes qui lui sont accolées (cad. A 1366) : classement par arrêté du 29 mai 2001
Personnages clés
| Helias Fulcherius de Chabans (ou Fulchier d'Agonac) - Seigneur et fondateur |
Constructeur du château au XIIIe siècle. |
| Prince Noir - Chef militaire anglais |
Détruisit le château en 1369. |
| Marguerite de Farges - Héritière |
Apporta la seigneurie par mariage en 1515. |
| Amiral de Coligny - Chef huguenot |
Responsable du massacre de 1569. |
| Marquis de Chabans - Propriétaire loyaliste |
Reprit le château en 1653 après la Fronde. |
| Marie-Eugénie de Chabans - Dernière héritière |
Légua le château à son neveu en 1912. |
Origine et histoire
Le château de La Chapelle-Faucher fut érigé au début du XIIIe siècle par Helias Fulcherius de Chabans, seigneur d'Agonac. Ravagé en 1369 par le Prince Noir lors de la guerre de Cent Ans, il fut reconstruit à partir de 1485, simultanément à l'église Notre-Dame-de-l'Assomption. Ce site stratégique, perché sur une falaise surplombant la rivière Côle, permettait de contrôler la vallée et l'axe routier entre Brantôme et Thiviers.
En 1515, le château entra dans la famille de Chabans par le mariage de Marguerite de Farges avec Charles de Chabans de Joumard. Lors des guerres de religion en 1569, il devint le théâtre d'un massacre : 260 paysans catholiques, réfugiés dans ses murs, y furent tués par des troupes huguenotes commandées par l'amiral de Coligny. Ce drame illustre les violences confessionnelles qui déchirèrent le Périgord.
Au XVIIe siècle, le marquis de Chabans, fidèle au roi, dut reprendre son château par la force en 1653 après que sa famille, partisante de la Fronde, l'en eut spolié. Il fit raser les fortifications médiévales (pont-levis, enceintes) et aménagea un châtelet d'entrée, marquant la transition vers une résidence moins défensive. Au XVIIIe siècle, une maison d'habitation fut ajoutée, accolée aux tours existantes.
La dernière héritière des Chabans, Marie-Eugénie (1845–?), épousa le comte de Bruc de Livernières et adopta son neveu Alain de Bruc, à qui elle légua le château. En 1916, un incendie provoqué par la foudre détruisit les toitures, jamais reconstruites. Depuis 2001, le site est protégé : les deux tours rondes et le corps de logis médiéval sont classés, tandis que le reste (châtelet, dépendances, pigeonnier) est inscrit.
Architecturalement, le château mêle des éléments défensifs du XIIIe siècle (tours rondes), un logis Renaissance du XVe siècle, et des ajouts des XVIIe–XVIIIe siècles. Son pigeonnier, situé au-delà de la route départementale, témoigne de son ancien domaine seigneurial. Les terrasses aménagées au XVIIe siècle offrent toujours une vue imprenable sur la vallée, rappelant son rôle historique de surveillance et de pouvoir local.