Origine et histoire
Le château de la Chassagne, implanté dans la commune de Saint-Hilaire-le-Château (Creuse), trouve son origine dans une ancienne forteresse médiévale. Son nom dérive du gallo-romain cassanea, signifiant « chênaie », et fut appelé Chassaigne au Moyen Âge. Ce site fut une seigneurie majeure, dotée de droits de justice (haute, moyenne et basse), couvrant quatre paroisses de l’enclave poitevine de Bourganeuf : Saint-Hilaire-le-Château, La Pouge, Soubrebost et Vidaillat. Au XVIe siècle, le domaine comprenait deux moulins, quatre étangs et trois métairies, et était encore détenu par Michel de la Chassagne, dernier seigneur portant ce patronyme.
En 1544, Louise de la Chassagne, fille de Michel, épousa Pierre de Saint-Julien, transmettant ainsi la seigneurie à cette famille. Leur descendant, Anne de Saint-Julien, épousa Philibert de la Roche Aymon, surnommé « le grand diable », qui fit assassiner sa femme vers 1640. Leur fille, Marie Suzanne, apporta la Chassagne en dot à Renaud de Malleret. Le domaine passa ensuite aux familles Tixier et Dubois de Belair, dont Louis (1910–2012) œuvra à sa restauration. Le château, entouré d’un parc de cinq hectares, fut converti en maison d’hôtes en 2013.
Architecturalement, le château perdit ses éléments défensifs (fossés, pont-levis, douves) mentionnés dans un terrier de 1576. Il surplombe la rive droite de la Thaurion, à proximité du château de Pontarion. Son histoire reflète les alliances et drames des familles nobles locales, depuis le Moyen Âge jusqu’à la Révolution, où Jean-Baptiste-Louis de Malleret, dernier marquis, mourut en émigration après avoir été député aux États généraux de 1789.