Crédit photo : L’auteur n’a pas pu être identifié automatiquement - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1207
Première mention écrite
Première mention écrite
1207 (≈ 1207)
Preuve de l’achèvement des travaux.
début XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
début XIIIe siècle (≈ 1304)
Bâti par Mathieu II de Montmorency comme relais.
1418
Garnison pendant la guerre de Cent Ans
Garnison pendant la guerre de Cent Ans
1418 (≈ 1418)
Occupé par des soldats français.
11 avril 1429
Prise par les Anglais
Prise par les Anglais
11 avril 1429 (≈ 1429)
Base pour leurs pillages en région.
24 juillet 1463
Querelle des Nivelle
Querelle des Nivelle
24 juillet 1463 (≈ 1463)
Déshéritement de Jean de Nivelle.
1728
Troncation des tours
Troncation des tours
1728 (≈ 1728)
Modification architecturale majeure.
19 août 1933
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
19 août 1933 (≈ 1933)
Protection officielle du site.
années 1980
Restauration par l’ONF
Restauration par l’ONF
années 1980 (≈ 1980)
Réhabilitation après abandon.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château de la Chasse, dans la forêt de Montmorency : inscription par arrêté du 19 août 1933
Personnages clés
| Mathieu II de Montmorency - Fondateur présumé |
Connétable, commanditaire du château au XIIIe. |
| Jean de Nivelle - Seigneur déshérité |
Protagoniste de la querelle familiale. |
| Jean II de Montmorency - Père des Nivelle |
Auteur du déshéritement en 1463. |
| François Ier - Roi de France |
Y chasse avant de lui préférer Écouen. |
| Jean-Jacques Rousseau - Philosophe des Lumières |
Évoque la forêt dans *Les Confessions*. |
| Reine Hortense - Duchesse de Saint-Leu |
Fréquente le lieu sous Napoléon Ier. |
| Louis-Augustin Bosc d’Antic - Naturaliste |
Explore la flore locale au XVIIIe. |
Origine et histoire
Le château de la Chasse, situé à Saint-Prix dans le Val-d'Oise, trouve ses origines au début du XIIIe siècle sous l’impulsion de Mathieu II de Montmorency. Construit comme relais de chasse au cœur de la forêt de Montmorency, il s’inspire des châteaux royaux de l’époque, mais en version miniaturisée. Son nom viendrait du gaulois cassanos (chêne), reflétant son environnement forestier, plutôt que de la chasse, malgré une charte latine du XIIe siècle le désignant sous le nom de Chacia.
Au Moyen Âge, le château joue un rôle stratégique pendant la guerre de Cent Ans : il sert de garnison en 1418 et est pris par les Anglais en 1429 comme base pour leurs pillages. Il est aussi le théâtre de la querelle des Nivelle en 1463, où Jean de Nivelle, déshérité par son père Jean II de Montmorency, inspire l’expression « Ce chien de Jean de Nivelle ». À partir du XVIe siècle, le château tombe en désuétude face à des résidences plus luxueuses comme Écouen, bien que François Ier y chasse encore.
Au XVIIIe siècle, le petit-fils du Grand Condé fait tronquer ses tours en biais et les couvre de tuiles, lui donnant son aspect actuel. Le château attire alors des figures comme Jean-Jacques Rousseau, qui en fait son « cabinet de travail » dans la forêt, ou des naturalistes comme Bernard de Jussieu et Louis-Augustin Bosc d’Antic. Sous Napoléon Ier, il devient un lieu de promenade pour la reine Hortense et le futur Napoléon III. Abandonné au XXe siècle, il est inscrit aux Monuments Historiques en 1933, restauré par l’ONF à partir de 1980, et transformé en espace pédagogique.
Architecturalement, le château est un carré de 20 mètres de côté, avec quatre tours reliées par des courtines. Les remaniements (démolition partielle, percement de nouvelles fenêtres) ont altéré son caractère médiéval, mais la courtine nord-est conserve des fenêtres à meneaux et des archères. Entouré de trois étangs aménagés, il incarne aujourd’hui une « curiosité architecturale » au sein d’un cadre forestier préservé, accessible par des sentiers pédagogiques.
La topographie du site révèle des tensions historiques : bien que situé à la limite de Montlignon, le château fut rattaché à Saint-Prix après la Révolution via une « excroissance » territoriale délibérée. Son adresse postale actuelle (Montlignon) et son accès par la forêt — via un chemin de 800 mètres depuis la D909 — soulignent cette dualité administrative. Le cimetière familial de Bosc, à proximité, rappelle aussi les séjours des naturalistes du XVIIIe siècle.
Devenir actuel
Aujourd'hui, le château ne se visite plus, mais le rez-de-chaussée a été aménagé pour recevoir les groupes scolaires ou organiser des expositions temporaires. Deux sentiers pédagogiques sont aménagés au départ du château, l'un sur l'écologie forestière, l'autre sur les techniques sylvicoles.