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Château de la Conninais à Taden en Côtes-d'Armor

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de la Conninais

    Route de Dinard
    22100 Taden
Propriété privée
Château de la Conninais
Château de la Conninais
Château de la Conninais
Château de la Conninais
Château de la Conninais
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1480
Première mention d’Alain Mucet
vers 1530
Mariage Estasse Mucet-Olivier Mélas
1607
Lettres patentes d’Henri IV
milieu du XVIe siècle
Construction du grand logis
1820
Acquisition par John Surtess
XVIIIe siècle
Travaux de rénovation
1905-1910
Construction de la tour d’amour
28 septembre 1926
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château de la Conninais (cad. D2 178) : inscription par arrêté du 28 septembre 1926

Personnages clés

Alain Mucet de la Conninais - Seigneur et ancêtre Mentionné en 1480 comme noble de Dinan.
Estasse Mucet - Dernier héritier direct Transmet le château par mariage vers 1530.
Jacques de la Vallée - Seigneur anobli Obtient la particule en 1607 sous Henri IV.
Françoise Geneviève de la Vallée - Épouse du Chastel Probable commanditaire des travaux du XVIIIe.
Louis Julien Jean du Chastel - Seigneur rénovateur Mari de Françoise, impliqué dans les transformations.
Jean-Marie du Chastel - Abbé et confident royal Résida au château avant son exil.
Guillaume-Amédée de Gasquet-James - Propriétaire américain Ajoute la tour d’amour au début du XXe.

Origine et histoire

Le château de la Conninais, situé à Taden (Côtes-d’Armor, Bretagne), est un édifice du XVe siècle remanié aux XVIe et XVIIIe siècles. Ce manoir à cour close, doté d’un donjon et d’une entrée ornée de cariatides, illustre la transition entre les styles gothique flamboyant et Renaissance. Son logis principal, en plan de « T renversé », présente des cheminées monumentales, des lucarnes sculptées et des décors héraldiques mêlant hermine, fleur de lys et motifs géométriques. La chapelle, non orientée, arbore un portail gothique flamboyant remployé, surmonté des armes des du Chastel, famille noble propriétaire au XVIIIe siècle.

La construction du grand logis au XVIe siècle est attribuée aux descendants d’Alain Mucet, premier seigneur mentionné en 1480. Le château passe ensuite par alliance aux familles Vallée (conseillers au Parlement de Bretagne) puis du Chastel, qui entreprennent d’importants travaux au XVIIIe siècle : réaménagement des façades, création de fenêtres à croisées, et décoration intérieure raffinée (lambris, cheminées en marbre). Les jardins en terrasses, décrits en 1794, abritaient arbres fruitiers, un méridien et un colombier, reflétant le goût pour les espaces ordonnés de l’époque.

Au XIXe siècle, le château est acquis par des familles anglophones (Surtess, Gasquet-James), qui y ajoutent des éléments historicisants comme une « tour d’amour » néogothique (1905-1910) et réemploient des décors anciens (portail de Dinan, bancs de pierre). Ces transformations, inspirées par l’imaginaire troubadour, visaient à recréer une ambiance médiévale romantisée. La chapelle, fondée en 1868, intègre des éléments architecturaux remployés, tandis que les communs sont réaménagés avec des lucarnes ornées et des symboles héraldiques. Classé monument historique en 1926, le château témoigne de ces strates successives, des origines féodales aux réinterprétations pittoresques du XXe siècle.

L’inventaire révolutionnaire de 1794 révèle un intérieur luxueux : grande salle lambrissée, salon avec cheminée en faux marbre, et bibliothèque ornée d’une cheminée Renaissance. Les cuisines, dotées de colonnes torsadées ajoutées ultérieurement, et les caves abritaient des objets comme la cloche de la chapelle (1694). Au XXe siècle, les propriétaires américains (Gasquet-James) accentuent le caractère éclectique du site, mêlant mobilier ancien et créations néogothiques. La notice touristique de 1929, évoquant des « salles des gardes » ou une « cachette », souligne cette réappropriation fantaisiste de l’histoire, typique des élites cosmopolites de l’époque.

Le château incarne ainsi plusieurs époques : forteresse seigneuriale (XVe-XVIe), résidence aristocratique remaniée (XVIIIe), puis domaine pittoresque (XIXe-XXe). Son architecture hybride — donjon médiéval, lucarnes Renaissance, ajouts néogothiques — et son histoire mouvementée, marquée par des familles bretonnes puis étrangères, en font un exemple remarquable de patrimoine réinventé. Les décors sculptés (angelots, hermines, blasons bûchés) et les réemplois architecturaux illustrent cette superposition des styles et des usages, du Moyen Âge à l’ère moderne.

Liens externes