Frise chronologique
1227 (environ)
Donation à Bernard Ier Guiscard
Donation à Bernard Ier Guiscard
1227 (environ) (≈ 1227)
Récompense pour la croisade des Albigeois
1348
Première mention comme « château »
Première mention comme « château »
1348 (≈ 1348)
Garnison royale sous Philippe VI
1362-1372
Suzeraineté anglaise
Suzeraineté anglaise
1362-1372 (≈ 1367)
Traité de Brétigny, vassalité des Guiscard
1580
Pillage par les protestants
Pillage par les protestants
1580 (≈ 1580)
Destruction partielle pendant les guerres de Religion
Fin XVIe siècle
Reconstruction post-guerres
Reconstruction post-guerres
Fin XVIe siècle (≈ 1695)
Ajout des éléments Renaissance et mâchicoulis
1793
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1793 (≈ 1793)
Saisie révolutionnaire et changement de propriétaires
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château, à l'exception des parties classées (cad. A 935) : inscription par arrêté du 8 décembre 1961 - Façades et toitures ; sol de la cour (cad. A 935) : classement par arrêté du 25 avril 1997
Personnages clés
| Bernard Ier Guiscard - Seigneur fondateur |
Reçut le fief en 1227 pour sa participation à la croisade |
| Bernard III Guiscard - Capitaine du château (1348) |
Époux d’Hélis de Montaigu, renforça les défenses |
| Jean II de Guiscard - Gentilhomme du roi |
Reçut des fiefs saisis aux protestants en 1567 |
| Jean III de Guiscard - Ligueur catholique |
Château pillé en 1580 sous son seigneuriat |
| Alphonse-Sarrasin de Durfort - Dernier seigneur avant 1789 |
Héritier par mariage en 1773, émigré pendant la Révolution |
Origine et histoire
Le château de la Coste, situé à Grézels dans le Lot, trouve ses origines au XIIIe siècle comme simple repaire ou tour de guet. En 1267, un acte confirme que Bernard Ier Guiscard, vétéran de la croisade des Albigeois, en reçut la seigneurie de l’évêque de Cahors vers 1227. Le site, qualifié d’ostal (maison noble) en 1286 puis de château en 1348, fut renforcé face aux conflits de la guerre de Cent Ans, passant sous suzeraineté anglaise entre 1362 et 1372. Les Guiscard, vassaux des rois de France puis d’Angleterre, y maintinrent une garnison royale en 1348 sous Bernard III.
Au XVe siècle, le château échappa aux destructions malgré les pillages régionaux, mais la famille Guiscard connut un déclin en 1526 : trois frères furent bannis pour crimes, et leurs biens confisqués. Jean Ier de Guiscard, leur frère restant, dut vendre des terres pour financer sa charge de gentilhomme du roi François Ier. Son fils, Jean II, épousa Souveraine de Genouillac en 1528 et reçut des fiefs saisis aux protestants en 1567. Pendant les guerres de Religion, les Guiscard, catholiques, virent leur château pillé et partiellement détruit en 1580 par les huguenots, le rendant inhabitable jusqu’à sa reconstruction à la fin du XVIe siècle.
La reconstruction post-1580 donna au château son aspect actuel : un plan carré flanqué de quatre tours (deux rectangulaires à l’ouest, deux rondes à l’est), avec un corps de logis à quatre niveaux desservis par un escalier central. Les mâchicoulis, canonnières et fenêtres à tabernacle datent de cette période, mêlant défense médiévale et confort Renaissance. Au XVIIe siècle, les Guiscard servirent dans les armées royales, mais le château passa en 1773 aux Durfort par mariage, avant d’être saisi comme bien national en 1793. Vendu à un industriel en 1825, il fut partiellement démoli au XIXe siècle, puis restauré entre 1960 et 1965.
Classé Monument Historique en 1961 (inscription) puis 1997 (classement partiel), le château conserve des vestiges médiévaux comme des archères et une tour primitive du XIIIe siècle, effondrée avant 1600. Son histoire reflète les luttes féodales, la guerre de Cent Ans, et les conflits religieux, tout en illustrant l’évolution architecturale des forteresses quercynoises. Aujourd’hui privé, il témoigne de sept siècles d’histoire occitane, des croisades albigeoises à la Révolution.