Origine et histoire du Château de la Côte-au-Chapt
Le château de la Côte-au-Chapt, situé à Darnac dans le département de la Haute-Vienne, est un château fort français dont les origines remontent à la fin du XIVe siècle. Construit par Ytier du Breuil, seigneur de La Côte-au-Chapt, ce monument est une tour résidentielle de six niveaux, dotée de latrines, de cheminées et d'un escalier à vis intérieure. Les créneaux au sommet, équipés d'archères cruciformes, témoignent de son rôle défensif. La tour a été érigée dans un contexte marqué par la guerre de Cent Ans, période durant laquelle Ytier du Breuil a choisi de rallier le parti du duc de Berry pour affirmer sa loyauté au roi de France.
Au début du XVIe siècle, le château s'enrichit d'un logis en L sur trois niveaux, probablement commandé par Marc de Naillac, chevalier et sénéchal de la Basse-Marche. Ce logis, aujourd'hui en ruines, comprenait des salles de réception, des chambres, une chapelle, des écuries et une tour porche. Les canonnières présentes dans la cuisine et sur les courtines extérieures datent de cette période, reflétant les évolutions militaires de l'époque. Le château était entouré de douves et de courtines en terrasses, avec une basse-cour traversée par une route ancienne, où se trouvaient le logis du fermier, les écuries et les étables.
À partir du XVIIe siècle, le château connaît un déclin progressif. La famille de Lezay de Lusignan, qui en hérite par mariage, réside principalement à la cour, laissant le domaine se dégrader. Vers la fin du XVIIe siècle, le château est loué à des fermiers et commence à tomber en ruine. La Révolution française scelle son sort : les biens des Lezay de Lusignan sont mis sous séquestre, et les ruines, sans acquéreurs, restent propriété de la commune de Darnac. Aujourd'hui, seuls le donjon et quelques vestiges subsistent, classés ou inscrits aux monuments historiques.
Le château de la Côte-au-Chapt est un témoignage précieux de l'architecture militaire et résidentielle du Moyen Âge tardif. Son histoire, marquée par les conflits, les alliances et les transformations architecturales, illustre les bouleversements politiques et sociaux de la France entre le XIVe et le XVIIIe siècle. Son classement partiel en 1988 et 1989 souligne son importance patrimoniale et son rôle dans la mémoire collective locale.