Origine et histoire du Château de La Côte-Saint-André
Le château de La Côte-Saint-André, surnommé « château Louis XI », trouve ses origines au XIIIe siècle sous l’impulsion de Philippe Ier de Savoie, qui le fait construire en 1273 pour protéger la paroisse des incursions dauphinoises. À cette époque, la région dépendait de la maison de Savoie, et le château jouait un rôle défensif stratégique. Au XIVe siècle, après le rattachement de la ville au Dauphiné, l’édifice devient un lieu de pouvoir : les États du Dauphiné s’y réunissent, marquant son importance politique. Cependant, son déclin s’amorce au XVIe siècle : saccagé en 1518 par des mercenaires de retour des guerres d’Italie, puis endommagé lors des guerres de religion, il tombe en ruine et perd sa fonction militaire.
Au XIXe siècle, le château connaît une nouvelle vie lorsque les frères maristes l’acquièrent en 1869. Ils surélèvent un étage du bâtiment central et le transforment en établissement religieux, avant qu’il ne devienne une école publique après son rachat par la commune en 1906. Les travaux de restauration se poursuivent au XXe siècle, notamment dans les années 1970, avec la réfection de la toiture, le chaînage des murs porteurs et l’étanchéité du belvédère. Ces interventions visent à préserver son patrimoine architectural, partiellement classé Monument Historique depuis 1983 (escalier d’honneur, salle Louis XI, cheminée monumentale).
Aujourd’hui, le château allie héritage médiéval et réaménagements modernes. Sa cour intérieure, dotée d’un dôme transformé en auditorium, accueille chaque année le Festival Berlioz, tandis que ses salles abritent des projets culturels (bibliothèque, école de musique). Bien que le musée du Paradis du Chocolat (1994–2019) ait fermé, l’édifice reste un symbole local, mêlant histoire savoyarde, dauphinoise et vocation contemporaine. Son architecture, marquée par des éléments des XVIIe et XIXe siècles (façade rectangulaire, décors intérieurs classés), en fait un témoignage des évolutions politiques et religieuses de la région.
Le site est également lié à l’art : le peintre Johan Barthold Jongkind, précurseur de l’impressionnisme, y séjournant en 1878, a immortalisé la cité et son château dans des aquarelles. Cette dimension artistique, couplée à son rôle dans les manifestations culturelles actuelles, renforce son ancrage dans le patrimoine vivante d’Auvergne-Rhône-Alpes.