Origine et histoire du Château de La Devie
Le château de La Devie, aussi appelé Ladevie, trouve ses origines au XVe siècle sur la commune de Belmontet (Lot, ex-Midi-Pyrénées). Après la guerre de Cent Ans (1337-1453), le Quercy, dévasté et dépeuplé, voit ses seigneurs attirer des laboureurs pour relancer l’agriculture. En 1444, Guillaume de Luzech cède à cens le capmas de la Devia à Pierre Solacroup, laboureur rouergat originaire de Thérondels. Ce dernier, père de 14 enfants, fonde une dynastie qui accède à la noblesse par des alliances stratégiques, comme le mariage en 1700 de Françoise Solacroup avec l’héritier des Foissac de Bellegarde. Le domaine, initialement agricole, conserve des vestiges médiévaux (souterrains, silos, élévations) suggérant un ancien repaire de l’évêque détruit pendant la guerre de Cent Ans.
Au XVIIIe siècle, la famille Solacroup, désormais anoblie, modernise la demeure. En 1829, Marie-Jeanne-Paule Solacroup épouse Charles de Testas de Folmont, fils d’un noble fusillé sous la Révolution (1795), et lui apporte La Devie en dot. Leur fils, Dieudonné de Testas de Folmont (1829-1882), donne au château son aspect actuel : construction de la tour-pigeonnier, extension du mur d’enceinte, et ajout d’annexes. Le domaine, marqué par des éléments défensifs (cour fermée, trous de tir), mêle fonctions agricoles (étables, four) et résidentielles. La décoration intérieure, remaniée au XIXe siècle, conserve quelques portes du XVIIIe.
La branche aînée des Solacroup s’éteint en 1861 avec Marie-Jeanne-Paule, veuve de Charles de Folmont, ancien député du Lot (1827-1828). Le château change ensuite plusieurs fois de mains avant d’être acquis en 1936 par la famille des propriétaires actuels (jusqu’en 2019). Classé monument historique en 1996 pour ses vestiges médiévaux et son architecture hybride, il incarne l’évolution d’un domaine seigneurial en exploitation noble, entre héritage défensif et vocation agricole. Des travaux de rénovation sont entrepris après son rachat en 2019.
Le site présente un plan typique des domaines quercynois : une cour fermée accessible par une entrée unique sous une tour-pigeonnier, flanquée de bâtiments percés de trous de tir. Les dépendances est abritent des vestiges médiévaux (souterrains, escaliers taillés dans le roc), tandis qu’un second pigeonnier-tour quadrangulaire domine la falaise au nord-est. Les caves voûtées, celliers et garde-manger, accessibles depuis la cuisine, soulignent la vocation autarcique du domaine. L’occupation ancienne du site, peut-être une borie (domaine agricole médiéval), est attestée par ces aménagements troglodytiques.