Origine et histoire du Château de la Faye
Le château de la Faye, situé à Deviat en Charente, trouve ses origines au XIIIe siècle comme siège d’une seigneurie étendue sur plusieurs paroisses. Pendant la guerre de Cent Ans, il servit de refuge à la population locale grâce à ses remparts et ses douves alimentées par trois étangs. Au XVe siècle, Mathurin de La Touche, seigneur du lieu par mariage avec Perrette de Montendre, y exerce haute, moyenne et basse justice sous la suzeraineté du baron de Blanzac.
À la fin du XVIe siècle, Jacques Goulard épouse Françoise de La Touche, héritière du domaine. En 1726, Jean Goulard, dernier héritier direct, lègue la Faye à sa cousine Jeanne Souchet, comtesse de Saint-Simon. Son fils, Louis-Gabriel de Saint-Simon, et son épouse Jacquette Pineau de Viennay font raser le château féodal au début du XVIIIe siècle pour construire l’actuel corps de logis mansardé, marquant une transition vers une demeure plus moderne.
Lors de la Révolution, la famille de Saint-Simon émigre, et le château est vendu en 1809 à M. Périer, notaire à Blanzac. Au XIXe siècle, la chapelle, les communs et les étables sont détruits, tandis que des aménagements intérieurs et extérieurs (allée de marronniers, meneaux aux fenêtres) transforment le site. Le château, sauvé de l’abandon en 1990, est inscrit aux Monuments Historiques en 1992 pour ses façades et toitures, témoignant de son évolution architecturale entre Moyen Âge et époque classique.
L’architecture actuelle allie un corps de logis du XVIIe siècle remanié au XIXe siècle, avec un toit mansardé et des lucarnes à fronton triangulaire, et une aile en retour du XVIe siècle aux pignons du XVe siècle. L’accès s’effectue par un pont à deux arches franchissant les douves sèches, menant à une esplanade. Le linteau de la porte est orné d’une tête féminine gravée avec l’inscription « HOSPITI », rappelant son passé hospitalier.
Le domaine, initialement ceint de murs et de tours, était organisé autour d’un terre-plein circulaire de 50 mètres de diamètre. Les transformations successives, notamment la destruction des bâtiments annexes et la création d’un jardin au XIXe siècle, ont modifié son apparence tout en préservant des éléments médiévaux comme les cuisines anciennes ou les fenêtres à meneaux. Aujourd’hui, le château illustre l’adaptation d’une seigneurie féodale en résidence aristocratique, puis en patrimoine préservé.