Origine et histoire du Château de La Ferté-Imbault
Le château de La Ferté-Imbault, situé dans le Loir-et-Cher, trouve ses origines vers 980 avec la construction d’une forteresse médiévale par Humbold Le Tortu, seigneur de Vierzon. Ce site stratégique, alimenté par les douves de la Sauldre, voit émerger autour de lui un village grâce à la présence d’une collégiale fondée par Hervé Ier au retour des croisades. La seigneurie, transmise par alliances successives (de Vierzon aux Brabant, puis aux Harcourt et Montmorency), devient en 1424 la propriété de Robert II d’Estampes, marquant le début de quatre siècles d’influence de cette famille.
Reconstruit à la Renaissance après un incendie en 1562, le château est profondément remanié au XVIIe siècle par le maréchal Jacques d’Estampes, marquis de La Ferté-Imbault. Ce dernier, proche des rois Henri IV et Louis XIII, érige un édifice en briques typique du classicisme naissant, avec des façades ornées de grotesques et de médaillons, et des dépendances destinées à sa compagnie de gendarmes. Le domaine, alors le plus vaste du sud de la Sologne (plus de 100 fermes), incarne le pouvoir seigneurial et militaire de la famille, jusqu’à son déclin à la Révolution.
Au XIXe siècle, le château passe entre les mains de familles anglaises (Lee-Kirby), qui modernisent l’agriculture locale mais suscitent des tensions avec la population en raison de leur pratique protestante. Partiellement détruit (ailes démolies, incendies), il est restauré après 1944, suivant des dommages subis pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, le château, entouré d’un parc de 50 hectares et d’un canal de 600 mètres, témoigne de près d’un millénaire d’histoire, mêlant architecture médiévale, Renaissance et transformations contemporaines.
L’édifice, classé Monument Historique en 1989 pour ses façades, toitures et douves, conserve des éléments remarquables comme un plafond peint du XVIIe siècle, des échauguettes et des communs imposants. Son histoire reflète les bouleversements politiques et sociaux de la France, des croisades à la Révolution, en passant par les guerres de Religion et l’occupation allemande. Le château reste un symbole du patrimoine solognot, marqué par l’influence des grandes familles nobles et des propriétaires étrangers.
Parmi les figures marquantes, Marie-Thérèse Geoffrin d’Estampes, dernière marquise et proche des Lumières (Voltaire, Diderot), illustre le rayonnement culturel du domaine au XVIIIe siècle. Son salon parisien et ses liens avec la cour de Versailles contrastent avec le déclin du château après la Révolution, lorsque le village perd son autonomie administrative. Les restaurations successives, notamment après 1944, ont permis de préserver ce joyau architectural, aujourd’hui propriété privée.