Patrimoine classé
Château proprement dit et ses deux ailes isolées ; poterne d'entrée soutènements du terre-plein et les quatre ponts qui y accèdent (cad. AH 77) : classement par arrêté du 29 juillet 1961. Parc délimité au nord par le mur de l'orangerie, à l'est par les parcelles 786, 880, 97, 85, 86 et 478, au sud par la route de Vannes (à l'exception du cimetière situé sur les parcelles 479 et 480) , à l'ouest par la route nationale 20, les douves (parcelles 73, 74, 489, 734, 756, 780, 781, 900 à 902) étant comprises intégralement (cad. AH 60, 64 à 66, 71 à 76, 78 à 89, 91, 92, 97, 463, 477, 478, 489, 734, 736 à 740, 743, 745, 756, 757, 780, 781, 786, 871 à 880, 897 à 905) : inscription par arrêté du 7 mars 1995
Personnages clés
| Henri de Saint-Nectaire (1573–1662) - Commanditaire du château |
Ordonne la construction à la fin du XVIe. |
| Henri de La Ferté-Senneterre (1599–1681) - Maréchal de France et duc |
Agrandit le domaine au XVIIe siècle. |
| Théodore Lefèvre - Architecte |
Conçoit les plans initiaux (1590–1620). |
| Thibaut Poissant - Architecte et sculpteur |
Intervient pour l’agrandissement (1630–1640). |
| Ulrich Frédéric Woldemar de Löwendal - Maréchal et comte |
Acquiert le château en 1748. |
| François-Victor Masséna - Propriétaire post-révolutionnaire |
Fils du maréchal d’Empire, achète en 1827. |
Origine et histoire du Château de la Ferté-Saint-Aubin
Le château de la Ferté-Saint-Aubin, situé dans le Loiret en région Centre-Val de Loire, trouve ses origines médiévales avec un châlet attesté dès 1025. Au XIIe siècle, la seigneurie appartient à la famille des Nids, puis passe par alliances successives aux mains des Lisle, Graçay, et Mornay. Ces derniers, nobles influents du XIVe au XVe siècle, cèdent finalement le domaine aux d’Estampes en 1458. Le château actuel est édifié à partir de 1590 par Henri de Saint-Nectaire, marquis de La Ferté-Senneterre, selon les plans de l’architecte Théodore Lefèvre, remplaçant une structure endommagée en 1562.
La construction se poursuit sous son fils, le maréchal Henri de La Ferté-Senneterre (1599–1681), qui agrandit le domaine entre 1630 et 1640 avec l’aide de l’architecte Thibaut Poissant. Le château, entouré de douves et bordé par la rivière Cosson, combine un petit château (1590–1620) et un grand logis du XVIIe siècle, reflétant l’ascension sociale de la famille, élevée au rang de ducs et pairs de France en 1665. Le parc, initialement aménagé à la française dès les années 1630, est transformé en jardin paysager en 1822.
Après l’extinction de la lignée des Saint-Nectaire en 1703, le château passe entre les mains de familles nobles comme les Thibault de La Carte, puis le maréchal Löwendal, qui obtient son érection en comté en 1748. Confisqué pendant la Révolution, il est racheté en 1827 par François-Victor Masséna, fils du célèbre maréchal d’Empire. Au XXe siècle, la famille Guyot acquiert le domaine en 1987 et le restaure, l’ouvrant au public. Le château, classé Monument historique en 1944 et 1961, est célèbre pour son orangerie, ses écuries du XIXe siècle, et son rôle dans le film La Règle du jeu (1939) de Jean Renoir.
Le site, desservi par la gare de La Ferté-Saint-Aubin, s’étend sur 40 hectares et comprend sept bras d’eau, des charmilles, et des essences rares comme des cyprès chauves. Les intérieurs abritent des salons ornés de statues antiques (Diane, Vénus d’Arles) et une salle à manger historique. Aujourd’hui, le château accueille des événements culturels comme des chasses aux œufs de Pâques, des ateliers culinaires à la Toussaint, et des marchés de Noël, perpétuant son ancrage dans la vie locale.
L’histoire du château est marquée par des figures comme Renaud de l’Isle (XIIIe siècle), les d’Estampes (XVe–XVIe siècles), ou le maréchal de Löwendal (XVIIIe siècle). Son architecture, mêlant Renaissance et classicisme, et son parc, réaménagé au XVIIIe siècle en 1992, en font un témoin majeur du patrimoine aristocratique de la Sologne. Les protections au titre des Monuments historiques (1944, 1961, 1995) couvrent à la fois le bâti et les douves, soulignant son importance historique et paysagère.