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Château de La Force dans le Cantal

Château de La Force

    4 Chemin de la Force
    15130 Saint-Simon

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1395
Premier seigneur connu
1445
Achat par les Cambon
1489
Passage aux du Trieu
1553
Mariage de Catherine II
1681
Mariage Piganiol-Parisot
1751
Vente à Guy Delolm
1832
Vente à Jean Saphary
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Guillaume de La Force - Seigneur en 1395 Premier occupant connu du fief.
Amaury Ier del Trieu - Seigneur en 1489 Acheteur du château aux Cambon.
Catherine II du Trieu - Dame de La Force (1550-1582) Épouse de Gabriel Saunier, géra seule le domaine.
Jean-Aimar Piganiol de La Force - Gouverneur des pages Fils de Pierre Piganiol, vendit le château en 1751.
Pierre Piganiol - Seigneur et bourgeois Époux de Marguerite de Parisot en 1681.
Guy Delolm - Seigneur de Lalaubie Acheteur du château en 1751.

Origine et histoire

Le château de La Force, situé à quatre kilomètres de Saint-Simon dans le Cantal, trouve son origine dans une tour quadrangulaire construite comme maison de force pour l'abbé d'Aurillac. Ce bâtiment, aujourd'hui en ruines, était adossé à un bloc rocheux dominant une prairie verdoyante et le village de Rouffiac. Ses murs, couverts de lierre, abritent une végétation luxuriante qui tapisse même l'intérieur de la tour, accessible par des escaliers taillés dans la roche. La terrasse triangulaire atténuée offre une vue imprenable sur la vallée, la rivière et les alentours boisés, créant un site à la fois stratégique et pittoresque.

À l'origine, La Force était un fief relevant de l'abbé d'Aurillac. En 1395, le damoiseau Guillaume de La Force en était le seigneur. Au XVe siècle, la famille Cambon (ou Chambon) en prit possession : Raymond Cambon l'acheta en 1445, puis son fils Pierre en hérita en 1460, suivi de Gérard en 1473. La seigneurie passa ensuite aux mains de la famille du Trieu en 1489, lorsque Amaury Ier del Trieu, marié à Jeanne del Cabrol, l'acquit. Son fils Raymond, puis son petit-fils Amaury II se succédèrent jusqu'en 1550, date à laquelle Catherine II du Trieu, fille de Raymond, épousa Gabriel Saunier, un apothicaire d'Aurillac.

La seigneurie changea à nouveau de mains au fil des alliances et des héritages. Après la mort de Gabriel Saunier vers 1562, Catherine II géra seule le domaine jusqu'en 1582, date à laquelle leur fille Anne de Saunier, mariée à Pierre de Parisot, devint dame de La Force. La famille Parisot conserva le château jusqu'au début du XVIIIe siècle, période durant laquelle Pierre Piganiol, un bourgeois d'Aurillac, en devint seigneur par son mariage avec Marguerite de Parisot en 1681. Leur fils, Jean-Aimar Piganiol de La Force, gouverneur des pages du comte de Toulouse, vendit finalement le château en 1751 à Guy Delolm, seigneur de Lalaubie. Les descendants de ce dernier le possédèrent jusqu'en 1832, avant qu'il ne passe entre les mains de Jean Saphary, puis de M. Establie.

Le château de La Force, bien que ne se visitant pas, reste un témoignage architectural des luttes de pouvoir et des alliances familiales qui ont marqué l'histoire locale du Cantal. Son état actuel de ruines, partiellement recouvert par la végétation, en fait un site à la fois mystérieux et évocateur, ancré dans un paysage naturel préservé. Les sources historiques, notamment les travaux de Jean-Baptiste de Ribier du Châtelet et d'André Muzac, permettent de retracer avec précision les successions de propriétaires et les transformations de ce manoir au fil des siècles.

Au XIXe siècle, le château perdit progressivement son rôle résidentiel pour devenir un simple bien foncier. Jean Saphary, maître de conférences à l'École normale supérieure, en fut l'un des derniers propriétaires notables avant sa revente. Aujourd'hui, le site ne se visite pas mais abrite un gîte rural, perpétuant ainsi une forme de vie liée à ce lieu chargé d'histoire. Les rochers environnants et la végétation dense qui l'entoure renforcent son caractère isolé et poétique, tel que décrit dans les archives du XIXe siècle.

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