Frise chronologique
1573
Achèvement partiel
Achèvement partiel
1573 (≈ 1573)
Claude du Chastel termine le château.
fin XVe - début XVIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
fin XVe - début XVIe siècle (≈ 1625)
Début des travaux par les Marot-Ferré.
1791
Abandon révolutionnaire
Abandon révolutionnaire
1791 (≈ 1791)
Dégâts et vandalisme des armoiries.
XVIIIe siècle
Hôpital des pauvres
Hôpital des pauvres
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Fondé par les époux Marot de la Garaye.
22 juillet 1920
Classement MH
Classement MH
22 juillet 1920 (≈ 1920)
Protection des ruines contre le démantèlement.
20 septembre 1996
Hommage papal
Hommage papal
20 septembre 1996 (≈ 1996)
Jean-Paul II cite les époux charitables.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château de la Garaye (ruines) (cad. D1 895) : classement par arrêté du 22 juillet 1920
Personnages clés
| Macé Marot et son épouse Ferré - Commanditaires présumés |
Initiateurs des travaux, morts sans descendance. |
| Claude du Chastel - Mécène en 1573 |
Termine le château avec des éléments Renaissance. |
| Claude-Toussaint Marot de la Garaye - Comte et chimiste |
Fonde un hôpital pour les pauvres. |
| Marguerite de La Motte-Picquet - Chirurgienne ophtalmologue |
Pratiquait des opérations gratuites au château. |
| Arnaud de Saint-Jouan - Architecte (projet non réalisé) |
Propose des jardins à la française. |
Origine et histoire
Le château de la Garaye, édifié à Taden (Côtes-d’Armor), conserve des ruines marquées par des détails architecturaux des XVe et XVIe siècles. Ses encadrements de fenêtres, lucarnes sculptées et tour polygonale moulurée témoignent d’un projet ambitieux, resté inachevé. Les armes alliées des familles Marot et Ferré, visibles sur la porte gothique flamboyante de la tour d’escalier, suggèrent leur rôle dans sa construction, bien que leur mariage ne soit pas confirmé par les sources généalogiques. La tour, ornée de niches et d’accolades, rappelle le style Louis XII, tandis que des atlantes et bas-reliefs fragmentaires soulignent la qualité artistique du décor.
La construction, interrompue par la mort présumée du couple Marot-Ferré sans héritier, reprend en 1573 sous Claude du Chastel, épouse de Charles Gouyon. Elle achève le château en y ajoutant des éléments Renaissance, comme le portail à colonnes doriques et des lucarnes à frontons courbes. Au XVIIIe siècle, Claude-Toussaint Marot de la Garaye et son épouse Marguerite de La Motte-Picquet, surnommés « les époux charitables », transforment le domaine en hôpital pour les pauvres. Chimiste et ophtalmologue, ils y pratiquaient des soins gratuits, attirant l’attention du pape Jean-Paul II en 1996 comme modèle de charité.
Classé Monument Historique en 1920, le château tombe en ruine après la Révolution, ses décors armoriés étant vandalisés. Malgré des projets de restauration (comme celui d’Arnaud de Saint-Jouan pour des jardins à la française), le site reste menacé, ses jardins disparus et sa chapelle en péril. Les vestiges actuels, bien que fragiles, offrent un témoignage rare de l’architecture bretonne de transition entre Moyen Âge et Renaissance.
L’intérieur, décrit au XVIIIe siècle comme raffiné (salon peint, parquet marqueté), contraste avec l’état actuel. La ferme atteste d’une occupation jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, mais le manque d’entretien post-révolutionnaire accélère sa dégradation. Aujourd’hui, les ruines, protégées mais non consolidées, posent la question de leur préservation face à l’oubli et aux divisions foncières.