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Château de la Garde à Salignac-sur-Charente en Charente-Maritime

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château

Château de la Garde à Salignac-sur-Charente

    La Garde
    17800 Salignac-sur-Charente
Propriété d'une société privée
Crédit photo : Jack ma - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1450-1470
Première mention du fief
1493
Testament de Marguerite de Losme
1546
Transmission aux Green
1606-1610
Construction du château
1651
Vente à Jean-Louis de Brémond
16 décembre 1987
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château ; fuie (cad. C 597, 599) : inscription par arrêté du 16 décembre 1987

Personnages clés

Jacques de La Magdelaine - Seigneur médiéval Premier propriétaire connu (XVe siècle).
Marguerite de Losme - Dame de La Garde Teste en 1493, lègue le fief.
Daniel Green de Saint-Marsault - Constructeur du château Bâtit l’édifice vers 1606-1610.
Marie de Blois - Épouse de Daniel Green Co-commanditaire du château.
Jean-Louis de Brémond - Maréchal des armées Acheteur en 1651, mort en 1652.
Marquise de Verdelin - Dernière héritière noble Proche de Jean-Jacques Rousseau (XVIIIe).

Origine et histoire

Le château de la Garde, situé à Salignac-sur-Charente en Charente-Maritime, trouve ses origines dans une seigneurie médiévale liée à celle de Merpins. Dès le XVe siècle, le fief appartenait à des familles nobles comme les La Magdelaine, puis les Green de Saint-Marsault, qui en héritèrent par alliance. La construction du château actuel, datée entre 1606 et 1610, est attribuée à Daniel Green de Saint-Marsault et son épouse Marie de Blois, dame du Roullet. Ce couple, issu d’une branche cadette de la famille, marqua l’histoire du domaine en y érigeant une demeure reflétant leur statut social.

En 1651, la seigneurie fut vendue à Jean-Louis de Brémond, maréchal des armées du roi, qui mourut peu après lors de la défense de Cognac pendant la Fronde. Le château resta dans la famille Brémond jusqu’au XVIIIe siècle, passant notamment à Charles de Brémond, marquis d’Ars, puis à sa descendante, la marquise de Verdelin, figure proche de Jean-Jacques Rousseau. Après des héritages complexes et une vente en 1816, le domaine échut à un propriétaire local, Jean Girard, marquant la fin de son ère aristocratique.

L’architecture du château, caractéristique du XVIIe siècle, se distingue par un corps de logis allongé, deux tours carrées au sud, et une façade nord ornée de pilastres et de lucarnes datées de 1610. La cour intérieure abrite une fuie circulaire, témoin des activités agricoles du domaine. Classé Monument Historique en 1987 pour ses façades et toitures, le château illustre l’évolution des seigneuries charentaises, liées à la viticulture et aux alliances nobles.

Les sources historiques, comme les archives nationales et les travaux de Patrick Bouvart, confirment que la terre de La Garde fut toujours vassale de Merpins, contrairement à certaines affirmations erronées. Les actes notariés, comme l’aveu de 1470 ou le testament de Marguerite de Losme en 1493, éclairent les transmissions successives du fief. Ces documents révèlent aussi les stratégies matrimoniales et foncières des familles nobles, comme les Green ou les Brémond, qui façonnèrent l’histoire du château.

Au XIXe siècle, après des partages familiaux, le château fut cédé à des propriétaires locaux, marquant son passage dans le giron bourgeois. Aujourd’hui propriété privée, il conserve des éléments protégés comme sa fuie et ses décors sculptés. Son histoire reflète les mutations sociales de la Charente-Maritime, entre aristocratie terrienne, crises politiques comme la Fronde, et adaptation aux époques modernes.

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