Château de la Gataudière à Marennes en Charente-Maritime

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style néo-classique et palladien

Château de la Gataudière

  • 19 Rue de la Gataudière 
  • 17320 Marennes-Hiers-Brouage
Château de la Gataudière
Château de la Gataudière
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Construction initiale
XIIIe siècle
Origine des marais
1367
Maison noble fortifiée
1372
Victoire de Du Guesclin
XVe siècle
Domination anglaise
1794
Mariage de la petite-fille
Milieu du XVIIIe siècle
Reconstruction du château
20 décembre 1948
Inscription du parc
3 mars 1949
Classement du château
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Parc ; Fontaine Louis XVI : inscription par arrêté du 20 décembre 1948 ; Façades et toitures ; terrasse ; salle à manger, petit salon, grand escalier, grand salon : classement par arrêté du 3 mars 1949

Personnages clés

Guillaume de Ransanne Propriétaire ayant rendu aveu pour la Gataudière en 1367.
Simon de Burley Seigneur de Broue à qui la Gataudière était rattachée.
François Fresneau Reconstruit le château au milieu du XVIIIe siècle.
François de Chasseloup-Laubat Époux de la petite-fille de François Fresneau.

Origine et histoire du Château de la Gataudière

Le château de la Gataudière, à Marennes (Charente-Maritime), occupe une terre d’anciens marais dont l’origine remonte au XIIIe siècle et qui formait autrefois, avec les îles d’Hiers, de Brouage, de Moëze et de Soubise, le « Pays des îles ». Sur cet emplacement se dressait jadis une maison noble et fortifiée connue au XIVe siècle sous la domination anglaise ; en 1367, Guillaume de Ransanne rendit aveu pour la Gataudière à Simon de Burley, seigneur de Broue, qui y relevait d’un devoir de sept jours de garde et y possédait, en plus de la bâtisse, un moulin à vent et des garennes. La forteresse de Broue, proche, joua un rôle stratégique dans la région et fut le théâtre d’une victoire de Du Guesclin en 1372. Les sources placent la reconstruction du château au milieu du XVIIIe siècle, évoquant à la fois l’année 1749 et la période 1750-1755 ; c’est François Fresneau, né en 1703 et revenu de Guyane après des travaux sur les fortifications de Cayenne, qui entreprit de reconstruire la maison familiale. Sa petite-fille épousa en 1794 François de Chasseloup‑Laubat ; la propriété passa ensuite dans la famille Chasseloup‑Laubat puis, par descendance maternelle, aux descendants du prince Murat de Chasseloup‑Laubat.

Le bâtiment actuel s’organise en longueur, centré sur un pavillon central à trois travées orné de pilastres et surmonté d’un fronton triangulaire ; l’ensemble présente une symétrie de onze travées, avec un soubassement en demi‑étage, un étage noble aux hautes fenêtres à arc en plein cintre, et des ouvertures du deuxième étage insérées dans le brisis de la toiture ainsi que dans le fronton. Le rez‑de‑chaussée voûté servait de sous‑sol, le premier étage constituait l’étage noble et le deuxième étage accueillait les chambres de domestiques ; l’accès entre le rez‑de‑chaussée et le premier étage se fait par un grand escalier en pierre et un escalier de service en chêne, tous deux pourvus de rampes en fer forgé. Au premier étage, le grand salon présente des murs en pierre ornés de pilastres cannelés, surmontés de chapiteaux corinthiens et d’un entablement à modillons sculptés, avec des motifs taillés entre les pilastres. La salle à manger conserve des lambris sculptés et peints, ainsi que des trumeaux peints au‑dessus des portes et des glaces; le petit salon sud et le cabinet de travail conservent également des lambris et des dessus de portes peints, la partie supérieure du petit salon étant tendue d’une étoffe de style Régence.

Sur la façade orientale, le pavillon central flanqué d’ailes reçoit une décoration classique de pilastres, d’un attique et d’un fronton dont le tympan porte un grand bas‑relief représentant le triomphe de Flore; la façade occidentale ouvre sur une terrasse qui masque le soubassement et dont le mur est rythmé de pilastres cannelés aux chapiteaux ioniques surmontant un entablement. Le décor intérieur et les boiseries, ainsi que le salon central en pierre, reflètent des ornements caractéristiques du XVIIIe siècle ; le mobilier est d’origine et regroupe des pièces des époques Louis XIII, Régence et Louis XV. Le château et la terrasse ont été classés par arrêté du 3 mars 1949, tandis que le parc et la fontaine Louis XIV ont été inscrits au titre des monuments historiques le 20 décembre 1948; le parc figure par ailleurs au pré‑inventaire des jardins remarquables.

Aujourd’hui, le domaine propose des loisirs et met à disposition des salles de réception ; le parc propose notamment des activités d’aventure avec accrobranche, paintball, quads, bubble‑foot, laser outdoor, karting et une « extrême catapulte » (2018).

Liens externes