Origine et histoire du Château de la Gataudière
Le château de la Gataudière, à Marennes (Charente-Maritime), occupe une terre d’anciens marais dont l’origine remonte au XIIIe siècle et qui formait autrefois, avec les îles d’Hiers, de Brouage, de Moëze et de Soubise, le « Pays des îles ». Sur cet emplacement se dressait jadis une maison noble et fortifiée connue au XIVe siècle sous la domination anglaise ; en 1367, Guillaume de Ransanne rendit aveu pour la Gataudière à Simon de Burley, seigneur de Broue, qui y relevait d’un devoir de sept jours de garde et y possédait, en plus de la bâtisse, un moulin à vent et des garennes. La forteresse de Broue, proche, joua un rôle stratégique dans la région et fut le théâtre d’une victoire de Du Guesclin en 1372. Les sources placent la reconstruction du château au milieu du XVIIIe siècle, évoquant à la fois l’année 1749 et la période 1750-1755 ; c’est François Fresneau, né en 1703 et revenu de Guyane après des travaux sur les fortifications de Cayenne, qui entreprit de reconstruire la maison familiale. Sa petite-fille épousa en 1794 François de Chasseloup‑Laubat ; la propriété passa ensuite dans la famille Chasseloup‑Laubat puis, par descendance maternelle, aux descendants du prince Murat de Chasseloup‑Laubat.
Le bâtiment actuel s’organise en longueur, centré sur un pavillon central à trois travées orné de pilastres et surmonté d’un fronton triangulaire ; l’ensemble présente une symétrie de onze travées, avec un soubassement en demi‑étage, un étage noble aux hautes fenêtres à arc en plein cintre, et des ouvertures du deuxième étage insérées dans le brisis de la toiture ainsi que dans le fronton. Le rez‑de‑chaussée voûté servait de sous‑sol, le premier étage constituait l’étage noble et le deuxième étage accueillait les chambres de domestiques ; l’accès entre le rez‑de‑chaussée et le premier étage se fait par un grand escalier en pierre et un escalier de service en chêne, tous deux pourvus de rampes en fer forgé. Au premier étage, le grand salon présente des murs en pierre ornés de pilastres cannelés, surmontés de chapiteaux corinthiens et d’un entablement à modillons sculptés, avec des motifs taillés entre les pilastres. La salle à manger conserve des lambris sculptés et peints, ainsi que des trumeaux peints au‑dessus des portes et des glaces; le petit salon sud et le cabinet de travail conservent également des lambris et des dessus de portes peints, la partie supérieure du petit salon étant tendue d’une étoffe de style Régence.
Sur la façade orientale, le pavillon central flanqué d’ailes reçoit une décoration classique de pilastres, d’un attique et d’un fronton dont le tympan porte un grand bas‑relief représentant le triomphe de Flore; la façade occidentale ouvre sur une terrasse qui masque le soubassement et dont le mur est rythmé de pilastres cannelés aux chapiteaux ioniques surmontant un entablement. Le décor intérieur et les boiseries, ainsi que le salon central en pierre, reflètent des ornements caractéristiques du XVIIIe siècle ; le mobilier est d’origine et regroupe des pièces des époques Louis XIII, Régence et Louis XV. Le château et la terrasse ont été classés par arrêté du 3 mars 1949, tandis que le parc et la fontaine Louis XIV ont été inscrits au titre des monuments historiques le 20 décembre 1948; le parc figure par ailleurs au pré‑inventaire des jardins remarquables.
Aujourd’hui, le domaine propose des loisirs et met à disposition des salles de réception ; le parc propose notamment des activités d’aventure avec accrobranche, paintball, quads, bubble‑foot, laser outdoor, karting et une « extrême catapulte » (2018).