Origine et histoire du Château de la Gataudière
Le château de la Gataudière, situé à Marennes en Charente-Maritime, fut édifié en 1749 par François Fresneau de la Gataudière, ingénieur du roi et explorateur. Ce disciple de Vauban, connu pour avoir découvert l’hévéa en Guyane en 1747, reconstruit sa maison natale en y intégrant des influences architecturales militaires et des styles Louis XIV, Régence et Louis XV. L’édifice reflète sa double expertise de mathématicien et d’officier du Génie, avec une symétrie rigoureuse et des décors sculptés.
À l’emplacement du château actuel se dressait autrefois une maison noble fortifiée, attestée dès le XIVe siècle sous la domination anglaise. En 1367, Guillaume de Ransanne, seigneur des lieux, en fournit l’aveu à Simon de Burley, chevalier anglais. La Gataudière relevait alors de la forteresse de Broue, un site stratégique dans les marais de Saintonge, théâtre de conflits comme la victoire de Du Guesclin sur les Anglais en 1372. Ces terres, autrefois insulaires, perdirent leur caractère maritime au fil des siècles à cause des alluvions.
La propriété passa au XVIIIe siècle à François Fresneau (1703–1770), dont la fille épousa en 1794 François de Chasseloup-Laubat, général du Génie sous Napoléon. Par cette alliance, le château entra dans le patrimoine de la famille Murat de Chasseloup-Laubat, descendants directs de Joachim Murat, roi de Naples. Le mobilier d’origine (Louis XIII à Louis XV), les boiseries et les décors du XVIIIe siècle, comme le Triomphe de Flore sculpté sur le fronton, témoignent de ce riche héritage.
Classé Monument Historique en 1949 pour ses façades, toitures et intérieurs (grand salon, escalier, salle à manger), le château est entouré d’un parc et d’une fontaine Louis XVI inscrits depuis 1948. Aujourd’hui, il abrite des activités de loisirs (parc aventure, réceptions) tout en conservant son caractère historique, mêlant mémoire militaire, scientifique et aristocratique.
L’architecture du château se distingue par un pavillon central à fronton triangulaire, flanqué de deux ailes symétriques. La façade ouest, ornée de pilastres ioniques et d’un entablement sculpté, ouvre sur une terrasse masquant le soubassement. À l’intérieur, le grand salon en pierre, avec ses pilastres cannelés et ses chapiteaux corinthiens, illustre l’influence classique, tandis que les lambris peints et les dessus-de-porte rappellent le faste du XVIIIe siècle.