Origine et histoire du Château de la Glestière
Le château de la Glestière, situé dans la commune de Pacé en Ille-et-Vilaine, est un édifice construit au 3e quart du XVIIe siècle, plus précisément en 1655, comme l’indique la date portée sur le bâtiment. Il remplace un manoir mentionné dès 1419, témoignant d’une occupation ancienne du site. Le château actuel, de style Louis XIII, se compose d’un corps central flanqué de deux pavillons légèrement en saillie, avec une architecture marquée par des éléments typiques de l’époque : encadrements en calcaire, bandeaux moulurés, et toitures en ardoise ornées de fleurs de lys et d’épis de faîtage.
Le domaine comprend également des communs organisés en un long bâtiment abritant des écuries, ainsi qu’un pigeonnier circulaire et un colombier en terre, tous deux coiffés de lanternons. La façade est, donnant sur les jardins, présente deux tourelles en pan de bois aux angles des pavillons, surmontées de toits à l’impériale et de campaniles pyramidaux. Ces éléments, ainsi que les bas-reliefs de blasons sur les façades principales, évoquent les familles propriétaires successives. Le château, partiellement modifié au fil des siècles, conserve cependant une structure proche de son état d’origine, avec des aménagements limités aux dépendances et au parc.
Classé Monument Historique depuis le 17 octobre 1969, le château de la Glestière illustre l’architecture résidentielle bretonne du XVIIe siècle. Son inscription concerne à la fois le logis principal et ses deux fuies (pigeonniers), soulignant l’importance patrimoniale de l’ensemble. Bien que les intérieurs et les abords aient subi des transformations (comme la destruction de la chapelle Notre-Dame construite vers 1586), le corps de logis et ses décors extérieurs — piédroits harpés, lucarnes à fronton cintré — restent représentatifs du style de l’époque.
Le site, accessible par la route départementale D 288, se situe au sud du bourg de Pacé, à proximité de Vezin-le-Coquet. Son parc, remanié par l’ajout de demeures contemporaines, conserve des traces d’aménagements anciens, comme un pressoir partiellement préservé au sud. Les matériaux utilisés — granite pour les portes, calcaire pour les encadrements de fenêtres — et la symétrie des façades reflètent les canons esthétiques du XVIIe siècle, tout en intégrant des éléments défensifs résiduels, comme les tourelles d’angle.