Origine et histoire du Château de la Grande Chapelle
Le château de la Grande Chapelle, situé à Champmillon en Charente, trouve ses origines au XIIIe siècle, lorsque le fief de la Chapelle est mentionné dans un acte de donation du sieur Gaudrat à l’abbaye de Saint-Cybard-lès-Angoulême. Jusqu’au XVIIIe siècle, les propriétaires du domaine, dont les familles Faligon (XVIe siècle) puis Maron (XVIIe siècle), devaient hommage à cette abbaye. La famille Maron, notamment Jacques de La Croix Maron (1560–1620), seigneur de Segonzac, marqua l’histoire locale en inventant la technique de la double chauffe pour l’élaboration du cognac.
Le château actuel, principalement construit entre 1715 et 1780, se compose de deux parties distinctes : un logis seigneurial au sud, flanqué de deux tours carrées et doté d’une terrasse de 2 500 m2 accessible par un escalier monumental, et une ferme viticole au nord, organisée autour d’une cour carrée incluant écuries, chais et distillerie. Les façades, percées au XVIIIe siècle et couronnées de balustrades, s’ouvrent sur des terrasses en paliers menant à une fontaine voûtée, dont le fronton orné d’un candélabre symbolisait autrefois l’exemption de réquisition pour les troupes royales.
Au XIXe siècle, des modifications furent apportées, comme la construction de l’escalier d’honneur, probablement après l’effondrement d’une partie vétuste. Le domaine changea plusieurs fois de mains, appartenant successivement aux familles Marchais, Labrousse et Durand, avant d’être acquis au début du XXe siècle par Jean Fougerat, pharmacien, inventeur et viticulteur. Classé Monument Historique en 1976 pour ses façades, toitures, escaliers intérieurs et éléments décoratifs, le château incarne aujourd’hui le patrimoine viticole et architectural de la Charente.
L’édifice mêle ainsi des traces des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, avec une charpente en châtaignier témoignant des parties les plus anciennes, et des aménagements ultérieurs reflétant l’évolution des usages, entre résidence seigneuriale et exploitation viticole. Son inscription au titre des Monuments Historiques protège notamment ses terrasses, balustrades, et une cheminée en pierre du XVIIIe siècle, soulignant son importance patrimoniale dans la région du Cognac.