Patrimoine classé
La tour du Pont-Levis avec les bâtiments situés de part et d'autre ; la tour du Connétable ; la tour du sud-ouest ; les deux tours du sud-est ; l'entrée monumentale de la façade sud du logis du Roi (aile nord) (cad. Q 1154, 1155, 1156) : classement par arrêté du 15 juin 1977 - A l'exclusion de l'aile nord (logis du Roi) refaite au XIXe siècle, les parties non classées (restes de tours et de fortifications les reliant) (cad. Q 659, 660, 1157) : inscription par arrêté du 15 juin 1977 - L'ensemble du terrain d'assiette du château ; les douves (avec mur de contrescarpe) ; le mur dit " des cuisines " ; les façades et toitures du logis du Roi (aile nord) ; le grand jardin ; le portail monumental du XVIIe siècle (cad. Q 658 à 661, 663, 664, 666, 1154 à 1156, 1180, 1184, 1185, 1222, 1224, 1226, 1228, 1229, cf plan annexé à l'arrêté) : inscription par arrêté du 26 mars 2009
Personnages clés
| Alain IV Fergent - Duc de Bretagne |
Commanditaire du premier château (1104). |
| Olivier V de Clisson - Connétable de France |
Agrandit la forteresse au XIVe siècle. |
| Catherine de Parthenay - Noble calviniste |
Restaura le château après 1591. |
| Marie Bonaparte - Propriétaire (1918-1950) |
Restauration partielle du logis. |
| François Viète - Mathématicien |
Précepteur et visiteur régulier. |
| Richelieu - Cardinal-ministre |
Ordonna son démantèlement (1628). |
Origine et histoire du Château de la Groulais
Le château de la Groulais, aussi appelé château de Blain, est une forteresse médiévale édifiée au début du XIIe siècle par Alain IV Fergent, duc de Bretagne. Il faisait partie du système défensif du duché, aux côtés de châteaux comme Vitré ou Fougères, pour contrer les menaces des principautés voisines et des rois de France. Initialement détruit en 1260 après une révolte, il fut reconstruit et agrandi par Olivier II de Clisson, puis transformé en une redoutable forteresse sous Olivier V de Clisson au XIVe siècle.
Au XVe siècle, le château passe à la maison de Rohan, qui le conserve jusqu’en 1802. Il subit des dommages majeurs lors des guerres de Religion, notamment en 1591, quand il est incendié par les troupes de la Ligue catholique. Au XVIIe siècle, Richelieu ordonne son démantèlement partiel, supprimant son rôle militaire. Après la Révolution, il change plusieurs fois de mains, dont ceux de Marie Bonaparte (1918-1950), qui le restaure partiellement.
Classé monument historique en 1977, le château conserve des éléments remarquables comme la tour du Pont-Levis (XIVe siècle), la tour du Connétable (1386), et les vestiges du Logis du Roy. Ses douves, autrefois alimentées par l’Isac, et ses murs d’enceinte témoignent de son importance stratégique. Aujourd’hui, une partie du domaine est ouverte au public pour des expositions et des reconstitutions historiques, tandis que l’autre reste privée.
Le site, d’une superficie de 4,4 hectares, comprend neuf tours partiellement conservées, une cour d’honneur transformée en parking, et des jardins. Les fouilles archéologiques ont révélé des objets du XVIe siècle, dont un trésor de 3 091 pièces d’argent découvert en 1890. Le château illustre l’évolution de l’architecture militaire bretonne, des fortifications médiévales aux aménagements Renaissance.
Parmi les figures liées au château, on compte Olivier V de Clisson, connétable de France, et Catherine de Parthenay, calviniste qui y vécut avec ses enfants après les guerres de Religion. Le mathématicien François Viète, précepteur de Catherine de Parthenay, y séjourna également. Le domaine, aujourd’hui partagé entre propriété communale et privée, reste un symbole du patrimoine breton.