Origine et histoire du Château de la Haye-Saint-Hilaire
Le château de la Haye-Saint-Hilaire, situé à Saint-Hilaire-des-Landes en Ille-et-Vilaine, est un monument dont les origines remontent au XIIIe siècle. Il a été reconstruit entre 1600 et 1620 sur les fondations d’un château médiéval des XIIIe et XIVe siècles, dont il ne subsiste que quelques éléments comme une tour ronde et un portail déplacé. L’ensemble, organisé autour d’une cour carrée entourée de douves, comprend un logis principal, une chapelle dédiée à la Sainte-Famille, des communs et un pavillon. Le projet initial, plus ambitieux, fut interrompu par la mort d’Henri de la Haye Saint-Hilaire en 1622 et l’interdiction royale de fortifier davantage le site en 1619.
Le château est resté depuis le XIe siècle (avec une filiation attestée depuis le XIVe) la propriété de la famille de la Haye Saint-Hilaire, l’une des plus anciennes seigneuries de la région de Fougères. La famille posséda des fiefs dans plusieurs paroisses voisines et donna cinq gouverneurs à la ville de Fougères. La seigneurie fut érigée en châtellenie en 1593 et 1619, avec droit de haute justice. Le château actuel mêle ainsi des éléments défensifs médiévaux (meurtrières, tour de guet) et des ajouts Renaissance, comme la chapelle construite en 1686 par Anne de la Haye et son épouse Louise de Canabert.
Classé monument historique en 1926 puis en 1995, le château inclut dans sa protection l’ensemble des bâtiments (logis, chapelle, communs, tour) et les douves. La chapelle abrite une statue polychrome remarquable de Vierge à l’Enfant, tandis que les communs et le pavillon sud-ouest portent des traces des modifications successives. En 2019, les héritiers du comte Lionel de La Haye Saint-Hilaire, décédé en 2016, ont mis le domaine en vente. Le site, bien que partiellement inachevé, témoigne de l’évolution architecturale et sociale d’une seigneurie bretonne sur près de sept siècles.
L’occupation du site est attestée depuis le XIVe siècle, bien que des hypothèses évoquent une enceinte fortifiée plus ancienne, peut-être un « camp romain ». Le nom « la Haye » suggère une propriété ceinte de haies, élément primitif de défense. Les vestiges médiévaux, comme la tour centrale et les douves, rappellent la fonction défensive initiale, tandis que les aménagements des XVIIe et XVIIIe siècles reflètent une transformation en résidence seigneuriale plus confortable, intégrant des éléments de villégiature (fenêtres moulurées, escaliers).