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Château de la Juive à Chalezeule dans le Doubs

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style néo-gothique

Château de la Juive

  • 3 Chemin des Buis
  • 25220 Chalezeule
Château de la Juive
Château de la Juive
Château de la Juive
Château de la Juive
Château de la Juive
Château de la Juive
Château de la Juive
Château de la Juive
Crédit photo : JGS25 - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée
25220 Chalezeule, 3 Chemin des Buis

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1780
Première mention d'un propriétaire
1835
Acquisition par Mayer Lippmann
1850-1870
Transformation néogothique
1914
Mort de Léonie Allegri
1926
Ouverture du restaurant
2002
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le corps de logis en totalité, avec ses décors immeubles par destination ; la façade est du bâtiment des communs ; le parc (cad. AV 64) avec son mur de clôture et son portail (cad. AV 63, 64) : inscription par arrêté du 27 décembre 2002

Personnages clés

Léonie Allegri - Propriétaire et muse du château Commanditaire de la rénovation néogothique, surnommée *la Juive*.
Alphonse Delacroix - Architecte Auteur de la transformation néogothique (1850-1870).
Mayer Lippmann - Premier propriétaire juif connu Restaure la demeure au début du XIXe siècle.
Comte Charles-Déodat de Turenne - Second époux de Léonie Descendant de Louis XIV, appose ses armes.
Joseph Périat - Chef cuisinier et restaurateur Transforme le château en restaurant en 1926.
René Gavet - Dernier chef étoilé du château Pérennise la réputation gastronomique jusqu’en 2002.

Origine et histoire du Château de la Juive

Le château de la Juive, aussi appelé château de Clementigney, trouve ses origines dans une maison seigneuriale dont les premières traces écrites remontent à la fin du XVIIIe siècle. À cette époque, Monseigneur de Fresnoy, seigneur de Chalezeule, en fait sa résidence de campagne. Le domaine, situé sur un terrain appartenant autrefois au chapitre de Sainte-Madelaine, sert alors de lieu de réunion pour la noblesse franc-comtoise avant la Révolution. En 1835, le bien est enregistré au cadastre comme propriété de Mayer Lippmann, un riche marchand juif de Besançon, fondateur de la manufacture Lip. Sa famille, originaire d’Alsace, s’installe dans la région après la Révolution et restaure la demeure, la dotant d’un mobilier luxueux.

La transformation majeure du château intervient entre 1850 et 1870, lorsque Léonie Allegri, petite-fille de Mayer Lippmann et héritière du domaine, confie à l’architecte Alphonse Delacroix le projet de le métamorphoser en une folie néogothique. Le bâtiment adopte alors ses caractéristiques actuelles : tourelle d’escalier, échauguette, et boiseries intérieures inspirées du style médiéval. Léonie, surnommée la Juive en raison de sa confession, puis Dame de Clementigney par élégance, marque l’histoire du lieu. Son mariage avec le comte Charles-Déodat de Turenne, descendant de Louis XIV, suscite l’attention en raison de leur différence religieuse, nécessitant une dispense papale. Malgré les infidélités du comte, Léonie conserve le château jusqu’à sa mort en 1914.

Après la Première Guerre mondiale, le château change de vocation. En 1926, Joseph Périat, ancien chef cuisinier de la cour d’Angleterre, le transforme en un restaurant gastronomique réputé, attirant des célébrités comme Tino Rossi ou Johnny Hallyday. Le lieu conserve cette fonction jusqu’au début des années 2000, sous l’impulsion de René Gavet, qui perpétue sa renommée culinaire. Classé monument historique en 2002 pour son corps de logis, ses communs et son parc, le château est aujourd’hui divisé en résidences privatives, après avoir été un symbole de l’art de vivre franc-comtois.

L’architecture du château mêle vestiges anciens et reconstructions du XIXe siècle. Alphonse Delacroix y intègre des éléments néogothiques, comme des vitraux du Second Empire et des boiseries ornées de céramiques polychromes représentant des grappes de raisin et des épis de blé, dédiés à Léonie. La salle de réception, seule pièce conservant partiellement le mobilier d’origine, témoigne du faste passé. Le parc, classé espace boisé à conserver, abrite encore les armes du comte de Turenne sur ses grilles d’entrée, rappelant l’histoire mouvementée du lieu.

Le château doit son nom populaire à Léonie Allegri, dont la personnalité et la confession juive ont marqué les esprits. Son héritage se mêle à celui des familles Lippmann et Turenne, reflétant les mutations sociales et architecturales de la Franche-Comté au XIXe siècle. De relais de chasse aristocratique à restaurant étoilé, puis à résidence privée, le château incarne les transformations d’un patrimoine à la fois intime et emblématique.

Liens externes

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